lundi 8 août 2016

Le scandale de la saison de Sophie Gee



Ce scandale de la saison est celui qui a inspiré à Alexander Pope son célèbre poème The rape of the lock (La boucle de cheveux enlevée). Lord Petre a coupé une mèche de cheveux à Arabella Fermor sans son autorisation ce qui a causé un grand scandale à l'époque.

En ce moment, je m'intéresse un peu au XVIIIe siècle anglais et je découvre que je n'y connais rien du tout. L'action du livre se déroule en 1711 sous le règne d'Anne. Alexander Pope est un jeune poète qui n'a été publié qu'une seule fois. Il se rend à Londres pour écrire et y trouver de l'inspiration.

J'ai beaucoup aimé tout ce qui concernait Alexander Pope et la vie intellectuelle et artistique du début du XVIIIe. On croise Charles Jervas, Jonathan Swift, Jaocb Tonson, William Wicherley, Lady Mary Pierrepont (futur Lady Mary Wortley Montagu), Richard Steele, John Gay... Je dirais que c'est la force mais aussi la faiblesse du livre. Il y a très peu de personnages qui n'ont pas existé dans le livre, ce qui limite un peu les possibilités de l'auteur qui essaye de coller le plus possible à la réalité historique. J'ai l'impression qu'elle n'a jamais su se libérer de l'Histoire pour écrire son histoire.

Le pire est que les rares fois où elle l'a fait, je n'ai pas trouvé cela réussi. Elle invente une histoire d'amour entre Lord Petre et Arabella Fermor. Alexander Pope l'a visiblement évoqué dans son poème. Le problème est que lors de ces passages, j'ai eu l'impression de lire une mauvaise romance. Un langage soutenu ne suffit pas à faire passer le côté ridicule d'un culbutage dans les foins à Hyde Park (entre autres). Elle invente aussi un complot jacobite (les jacobites sont ceux qui veulent détrôner la reine et la remplacer par Jacques III) et catholique. Le problème est que le dénouement du complot est très décevant et surtout peu intéressant. En fait, tout ce qui tourne autour d'Arabella et de lord Petre n'est pas passionnant ; le problème est que ce sont deux personnages principaux du roman.

Le scandale de la boucle de cheveux se situe à la fin du livre et on a comme l'impression de manquer quelque chose car cette histoire se situe au début de la carrière d'Alexander Pope et on aimerait bien savoir ce qui lui arrive par la suite.

J'aurais presque préféré que Sophie Gee fasse une biographie d'Alexander Pope car les passages sur sa vie et sa carrière sont les plus réussis, plutôt qu'une fiction qui au final n'apporte pas grand chose à l'histoire.

Le poème d'Alexander Pope aurait pu être inséré dans le livre parce que je doute qu'il soit très connu en France (pour ma part, je ne l'ai jamais lu) et il semblerait qu'il était présent dans les éditions anglophones du livre.

J'ai fait un tableau sur Pinterest sur ce livre.

Participation au challenge A year in England




dimanche 7 août 2016

Celebrating Charlotte Brontë à la National Portrait Gallery

Le portrait des soeurs Brontë par Branwell à gauche.
 Le portrait d'Emily par Branwell à droite. 

Lors de mon séjour à Londres, je suis passée à la National Portrait Gallery (NPG)  et je suis tombée par hasard sur cette mini-expo puisqu'il n'y a qu'une salle et qu'elle n'est pas du tout annoncée, ni à l'entrée, ni à l'extérieur du musée. Je peux vous dire que quand je l'ai vue, je me suis ruée dans la salle.  

La NPG a décidé de célébrer le 200e anniversaire de la naissance de Charlotte Brontê en présentant les portraits les plus célèbres déjà présents dans leur collection, mais aussi des objets plus rares (dessins, lettres, manuscrits) venus d'Haworth. 

Les notices explicatives étaient vraiment très intéressantes comme par exemple sur sa célébrité et ses liens avec Thackeray.




Il y avait de très nombreux dessins réalisés par Charlotte que je n'avais jamais vus. 

Portrait d'Anne Brontë réalisé par Charlotte

Le portrait de William Weightman (qui était un vicaire dans la paroisse de leur père)
 que je vous mets en lien
 car ma photographie est vraiment trop floue. 

Le portrait de Zenobia, un des personnages de Charlotte. 

Lycidas d'après un tableau de Fuseli
 inspiré d'un poème de Milton

Il y avait aussi quelques lettres et manuscrits de Charlotte Brontë (son journal est très difficile à décrypter) ou bien encore la lettre émouvante de son mari qui annonce sa mort à son amie Ellen Nussey.


Little Book by Charlotte Brontë
Il y avait aussi les très petits livres de Charlotte et Branwell qui contiennent des détails sur le royaume imaginaire de Glasstown. Ils sont assez petits pour être tenus par les soldats de Branwell. 



Les chaussures de Charlotte Brontë


Les portraits de George Richmond

J'avais déjà vu ces portraits de Charlotte Brontë et d'Elizabeth Gaskell, mais je n'avais jamais fait le rapprochement. Il y a aussi un portrait d'Harriet Martineau qui correspondait avec Charlotte Brontë jusqu'à ce qu'elles se brouillent car Harriet a critiqué sévèrement Vilette dans le Daily News.

Même si l'exposition était vraiment trop courte (une seule petite salle), je l'ai trouvé très réussie et cela a relancé mon intérêt (déjà grand pourtant) pour cette famille et en particulier pour Charlotte. J'ai adoré découvrir ses dessins et ses manuscrits.

J'ai aussi fait un tableau sur pinterest avec les oeuvres présentées et depuis j'ai lu Le professeur.


dimanche 12 juin 2016

Les Quatre d'Agatha Christie (Hercule Poirot #4)



Je poursuis mon marathon Agatha Christie avec une nouvelle aventure d'Hercule Poirot.

Hastings rentre d'Amérique du sud et se rend tout de suite chez son ami Poirot qu'il trouve sur le point de partir ... en Amérique du sud. Un homme pénètre alors dans l'appartement de Poirot et s'évanouit. Il évoque ensuite l'existence une mystérieuse organisation criminelle internationale : les Quatre.

Poirot va donc se lancer à leur poursuite pour découvrir qui sont ces quatre grands criminels. Il va quasiment tous les croiser, en particulier l'énigmatique N°4. Poirot retrouve aussi au cours de cette enquête une rivale qu'il apprécie : la comtesse Rossakov.

En lisant ce livre, j'ai trouvé qu'il manquait d'unité. J'ai découvert après ma lecture que ce livre était au départ un ensemble de nouvelles qu'Agatha Christie a retravaillé en roman et franchement cela se sent.

Agatha Christie reprend l'idée d'une grande organisation criminelle responsable de tous les troubles mondiaux. Elle a déjà utilisé cette idée auparavant dans Mr Brown, L'homme au complet marron et Le secret de Chimneys. Par contre, à chaque fois, ce sont des organisations criminelles différentes, à croire qu'il y en a de multiples dans le monde et surtout qu'elles ne se rendent pas compte qu'elles ont toutes le même objectif. J'avoue que ce type d'intrigues ne me séduit pas particulièrement ; l'ensemble me semblant particulièrement peu vraisemblable. Je ne parle même pas de la fin avec une cachette secrète dans une montagne qu'on croirait tout droit sortie d'un James Bond.

Mais, malgré cela, j'ai quand même apprécié certains aspects de l'intrigue notamment certains rebondissements que je n'ai pas vu venir. La méthode de Poirot pour faire sortir les criminels de leur cachette est ingénieuse. On découvre aussi le frère de Poirot et ce passage est assez savoureux.

Même si je trouve ce tome un ton en-dessous de La mystérieuse affaire de Styles et du meurtre de Roger Ackroyd, je l'ai trouvé supérieur au crime du golf.



mardi 24 mai 2016

Retour à Whitechapel de Michel Moatti (Amelia Pritlowe #1)


Londres, 1941. Amelia Pritlowe, infirmière de son état, apprend qu'elle est en réalité la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack l'Eventreur. Bouleversée par cette découverte, elle tente de comprendre ce qu'il s'est passé et de découvrir la véritable identité du meurtrier.

Cet ouvrage est à li-chemin entre la fiction et le documentaire puisque, bien que présentant une histoire romancée, l'auteur nous livre les conclusions de son enquête sur Jack l'Eventreur et nous livre le nom du coupable (selon lui).

J'ai particulièrement aimé la reconstitution du Londres victorien. Plus qu'un simple exposé des 5 meurtres commis par "The Ripper", Moatti nous plonge dans les quartiers misérables de l'East End où les populations n'ont quasiment tien pour survivre. Par exemple, l'un des passages les plus frappants du livre est la description d'une manifestation contre les patrons des usines d'allumettes car de nombreuses ouvrières ont le visage dévoré par le phosphore. La scène est saisissante, on retient presque son souffle à la lecture tellement on a l'impression de descendre dans la rue avec elles et de compatir à leurs souffrances.

L'enquête nous entraîne évidemment sur les traces de l'Eventreur mais aussi de ses victimes. On en apprend un peu plus sur leurs vies grâce à des témoignages de personnes qui les ont connues et on en apprend aussi un peu plus sur leur mort.  Même si les meurtres sont décrits dans tous leurs aspects les plus cruels et sauvages, Moatti ne se complaît jamais dans des descriptions voyeuristes .C'est clair, c'est précis, mais les faits sont évoqués avec pudeur, sans aucune volonté de surenchère, ce que j'ai apprécié.

J'ai été un tout petit déçue par la partie contemporaine dans le sens où je pensais que les événements de la Seconde guerre mondiale joueraient un rôle plus important dans le récit, mais ils ne servent qu'à faire écho à la violence des meurtres sans avoir d'existence propre. Par contre, on rencontre une société spécialisée dans les recherches sur Jack l'Eventreur (des "ripperologues") et ces passages sont fort sympathiques.

J'en viens maintenant à la résolution de l'intrigue (sans spoilers). Moatti nous livre le nom de celui qui selon lui serait Jack l'Eventreur. Je n'ai pas été totalement convaincue par sa théorie. Même si le coupable pourrait être effectivement le meurtrier de Mary Jane Kelly, l'enquête ne montre pas s'il avait ou non un alibi pour les autres meurtres. Ce n'est pas parce qu'il aurait eu la possibilité de tuer une femme qu'il aurait eu la possibilité de tuer toutes les autres. C'est évidemment impossible à démontrer vu l'absence de recherche des policiers de l'époque concernant ce personnage.
Je n'ai pas non plus totalement adhéré à la façon dont l'héroïne réagit à la fin.

Malgré ces derniers bémols, je vous conseille ce livre si vous êtes intéressé par les fictions mettant en scène Jack l'Eventreur. La plongée dans les bas-fonds de Londres est très réussie.

Il existe une suite à cet ouvrage où cette fois l'action se déroule entièrement pendant la Seconde Guerre mondiale. Je viens de débuter ma lecture...


dimanche 22 mai 2016

Le meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie (Hercule Poirot # 3)


Je continue d'avancer dans mon marathon Agatha Christie qui consiste à lire tous les ouvrages de l'auteur dans l'ordre de publication. J'avoue avoir laissé tomber ses nouvelles parce que les deux premières consacrées à Hercule Poirot ne m'ont pas emballée plus que cela. Du coup, je continue seulement pour l'instant à lire ses romans, mais je reviendrai sans doute à ses nouvelles plus tard. 

Je suis restée bloquée un certain temps avant de me décider à lire Le meurtre de Roger Ackroyd parce que je me suis bêtement spoilée il y a quelques mois. J'ai essayé d'oublier qui était le coupable mais plus j'essayais, plus je m'en souvenais. J'ai donc décidé de lire quand même le livre parce que je ne pense pas que j'aurais oublié cette révélation même si j'avais attendu un an. Et puis, il me reste à lire presque 80 ouvrages dont je ne connais pas le coupable alors autant avancer ! 

Je vous garantis donc un billet sans spoilers parce que je n'aimerais pas que d'autres personnes se retrouvent dans la même situation que moi. 

Le paisible petit village de King's Abbot est secoué en peu de temps par deux disparitions qui remuent la petite communauté. Tout d'abord, la mort suspecte de Mrs Ferrars (les habitants soupçonnent un suicide) et puis l'assassinat de Roger Ackroyd qui aurait dû, selon les rumeurs du village, épouser Mrs Ferrars. 
Il se trouve que ce charmant village est celui qu'Hercule Poirot a choisi pour passer paisiblement sa retraite à cultiver des courges. Il se retrouve toutefois amené à enquêter sur le meurtre pour tenter d'innocenter Ralph Paton, le fils adoptif de Roger Ackroyd, que tout semble accuser. 

L'enquête est racontée par un des protagonistes de l'affaire, le docteur Sheppard. Poirot semble trouver en lui un remplaçant à Hastings, parti s’installer en Argentine. 

On retrouve une intrigue très classique avec un meurtre dans une pièce fermée à clef (mais la fenêtre est ouverte), des suspects à foison qui ont tous quelque chose à cacher et une révélation finale où tous les suspects sont réunis dans la même pièce. 

Ce que j'apprécie particulièrement chez Hercule Poirot, ce sont toutes les petites phrases qu'il lâche tout au long de l'enquête. Elles sont censées nous donner des indices mais au contraire elles apparaissent sur le moment totalement incompréhensibles voire saugrenues jusqu'au moment où toutes les pièces du puzzle se mettent en place. 

J'ai aussi beaucoup aimé l'ambiance "petit village" de ce volume avec tous ses ragots, la surveillance des uns par les autres, la formidable partie de Mah-jong où chacun en profite pour énoncer des hypothèses. Le personnage de Caroline Sheppard, la soeur du docteur, présentée comme une vieille fille qui se mêle de tout est particulièrement réjouissant. Elle impose sa volonté à son frère et à l'ensemble du village, elle essaye de tirer les vers du nez à Poirot et invente des théories toutes plus extravagantes les unes que les autres. Il paraît qu'elle préfigure Miss Marple (j'ai hâte de découvrir ce personnage). 

Le roman est très célèbre pour sa résolution de l'intrigue. Comme je la connaissais, j'ai essayé de voir les indices que laissait Agatha Christie. Il y a en quelques uns, mais franchement, je pense que j'aurais été totalement dupée si je n'avais pas connu le coupable. 

Mais le livre ne repose pas que sur cette révélation, car même en la connaissant, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage que j'ai dévoré en quelques heures. 

Je compte bien poursuivre ma découverte des aventures de Poirot. J'aimerais aussi lire Qui a tué Roger Ackroyd ? de Pierre Bayard (c'est d'ailleurs en lisant son résumé que je me suis spoilée). J'avais beaucoup aimé son Enquête sur Hamlet et j'ai très envie de lire celui-ci d'autant qu'il proposerait une autre résolution de l'affaire d'après ce que j'ai compris ! 

J'ai aussi vu l'adaptation par ITV que j'ai trouvé vraiment très mauvaise à cause du scénario qui modifie trop les intentions des personnages. Je ne peux pas vraiment en dire plus parce que sinon je risque de révéler trop d'éléments de l'intrigue, mais c'était vraiment décevant. 



dimanche 20 mars 2016

Le bilan de Février 2016


Voici avec beaucoup de retard mon bilan du mois de février. J'ai eu un début de mois de mars assez compliqué et je n'ai pas eu le temps, ni l'envie d'ailleurs, de lire ou de bloguer. Je remercie Claire qui m'a écoutée et qui m'a remis le pied à l'étrier en me proposant une LC de Germania d'Harald Gilbers. 

Je vais donc essayer de rattraper mon retard en commençant par le bilan. 
J'ai beaucoup lu au mois de février, bien aidée par l'absence de connexion internet pendant une semaine. 
J'ai lu 11 livres dont des sacrés pavés. J'ai indiqué des notes sur 5. 

  • Tess d'Urberville de Thomas Hardy 4
  • Adorable Sophy de Georgette Heyer 3.5 
  • Le secret de l'automate d'Annie Jay 4
  • Le monde caché d'Axton House d'Edgar Cantero 2 
  • Le cadeau de la reine d'Annie Jay 3.5
  • Les roses noires de Janne Thynne 4.5
  • La décision de Britta Böhler 2.5
  • 22.11.63 de Stephen King 4.5
  • L'if et la rose de Mary Westmacott 3.5
  • Portrait de femme d' Henry James 4
  • L'artiste du Beau de Nathaniel Hawthorne 4
(La nuit du bûcher apparaît sur la photo parce que je devais le rendre à la bibli, mais je ne l'ai fini qu'en mars).

J'ai lu des livres très intéressants et très diversifiés au mois de février. J'ai essayé de quitter un peu mes auteurs anglo-saxons avec des auteurs français (et jeunesse en plus !), espagnol (qui écrit en anglais) et allemand. On peut tout de même remarquer que ce n'a pas été une grande réussite pour ces deux derniers puisque ce sont les livres qui obtiennent les notes les plus basses. 




J'ai bien avancé dans ma liste de livres à lire absolument cette année puisque j'ai rayé 5 livres ce mois-ci ce qui porte mon total à 7 / 21 (je n'ai pas repris de photos avec la liste mise à jour). 

Je continue à essayer de lire rapidement les livres que j'achète neufs. J'avais bien commencé, mais là j'ai pris un peu de retard vu que je n'ai pas beaucoup lu depuis le début du mois. Mais j'espère que ça va revenir. De même pour les billets de blog. 



Je ne sais pas comment vous écrivez vos billets de blog, mais pour ma part, je note les idées essentielles dans mon reading journal, puis je rédige mon billet au crayon de mine sur un de mes cahiers de brouillon. Quand je le tape directement sur l'ordi, je me retrouve rapidement en train de traîner sur d'autres sites et je perds un temps fou. Donc je m'assoie au bureau et je fais tout à l'ancienne ! 

Pour finir, j'ai repéré quelques sorties en poche qui rejoindront sans doute ma PAL incessamment sous peu :

La part des flammes de Gaëlle Nohant (Le livre de poche)
Il y a eu de très très nombreux billets positifs sur ce livre et j'attendais impatiemment sa sortie en poche. C'est chose faite. J'attends juste d'avoir écluser un peu ma PAL pour l'acheter.

L'homme au masque de verre de Viviane Moore (10 / 18)
Parce que cela me rappelle que j'ai le tome 1 dans ma PAL et que je ne l'ai toujours pas lu, il serait temps ! (mais je n’achèterai pas le tome 2 sans avoir lu le 1)

Retour de flammes de John Lawton (10 / 18)
Ce n'est pas pour tout de suite puisqu'il ne sort que le 9 avril, mais je suis tellement contente que 10 / 18 sorte la suite de cette série dont j'avais adoré le premier opus Black-Out l'an dernier !

Ainsi vont les filles de Mary Westmacott (Le livre de poche)
Je compte bien poursuivre ma découverte des Westmacott ! Celui-ci sort le 20 avril.

Bonnes lectures !


dimanche 28 février 2016

Portrait de femme d'Henry James





Aujourd’hui, c’est le centième anniversaire de la mort d’Henry James. J’ai donc décidé de lui rendre hommage en organisant une LC de Portrait de femme avec AnGee du Livroscope.

Je n’ai pas encore beaucoup lu Henry James (seulement Les papiers de Jeffrey Aspern, Le tour d’écrou, Daisy Miller et Washington Square), mais à chaque fois j’ai été séduite. Ce que j’aime chez Henry James (et que souvent les gens n’aiment pas), c’est la façon dont il joue sur notre frustration, sur notre incertitude et surtout combien peut s’interroger après avoir lu l’un de ses livres et ne pas avoir du tout la même perception des événements qu’un autre lecteur (voir mon billet sur Le tour d’écrou). Je dois dire que Portrait de femme ne fait pas exception à la règle.

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre (presque deux ans) non pas parce qu’il ne me plaisait pas, mais parce que je l’ai commencé à des moments où je n’avais pas forcément beaucoup de temps pour lire et je n’aime pas laisser traîner mes lectures. De plus, je ne pouvais pas vraiment l’emmener partout avec moi car il est quand même assez encombrant. J’ai donc lu trois fois les 100 premières pages et je dois dire que je ne me suis jamais lassée de les relire. Je sais que certains trouvent le style de James difficile, personnellement je trouve que ses phrases glissent toutes seules.

Portrait de femme raconte le parcours d’Isabel Archer. Jeune américaine, elle est invitée par sa tante en Angleterre. Isabel, éprise de liberté et ravie de se voir donner une chance de visiter le monde, accepte avec enthousiasme.
À son arrivée en Angleterre, elle charme tous les hommes qu’elle rencontre : son oncle mourant, son cousin maladif et leur voisin Lord Warburton. À tel point que celui-ci lui demande de l’épouser. Isabel refuse car elle ne l’aime pas et elle espère autre chose de l’avenir, sans savoir précisément quoi. Un de ses soupirants américains, Caspar Goodwood, fait la traversée pour venir lui aussi lui demander sa main. Elle refuse de même.

Isabel n’est pas forcément le personnage le plus facile à comprendre mais je l’ai beaucoup aimée. Intelligente, elle espère faire quelque chose de sa vie et surtout être libre. Elle ne veut pas dépendre d’un homme et ne veut pas épouser quelqu’un qu’elle n’aime pas. Elle va se retrouver indépendante financièrement et ainsi pouvoir choisir sa destinée. Je pense ne pas trop révéler de l’intrigue en disant qu’elle va faire un mauvais choix. Ce sont les raisons de ce choix qui sont intéressantes et qui peuvent être perçues de manières différentes. Isabel aurait-elle fait le même choix si elle n’avait pas eu d’argent ? Est-ce l’argent qui a fait son malheur ? Ou bien est-ce son orgueil ? Ou le fait qu’elle soit persuadée d’avoir des motifs purs et d’avoir raison ? Est-elle vraiment responsable ou est que ce sont les autres personnages qui l’y ont poussée ? Sa fidélité à ses idéaux force-t-elle l’admiration ou bien n’est-ce qu’un stupide entêtement ? 

Le livre s’appelle Portrait de femme mais il aurait très bien pu s’appeler Portraits de femmes tellement les autres personnages féminins sont intéressants. 
Je pense tout d’abord la tante d’Isabel, Mrs Touchett qui est entièrement indépendante bien que mariée. Elle ne fait que ce qu’elle désire et passe la majorité de son temps éloignée de son mari et de son fils.
Serena Merle est aussi un autre personnage fascinant. Elle veut donner aux autres l’impression d’être parfaite même si on sait dès le départ qu’elle est une intrigante. Malgré tout le mal qu’elle fait, on ne peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle quand la révélation finale tombe.
Henrietta Stackpole, la journaliste et amie d’Isabel est aussi une femme libre de par son métier. Elle trouve d’ailleurs que les Anglais sont bien ennuyeux avec toutes leurs règles de bienséance et jure qu’elle n’en épousera jamais, même si elle devient très amie avec un gentleman.
Pansy Osmond est aussi un personnage très intéressant bien qu’à l’inverse de toutes les autres femmes précédentes. Élevé dans un couvent, elle n’a pour but  que d’obéir à son père et de satisfaire les désirs des autres. On peut d’ailleurs se demander si cela la rend plus heureuse ou malheureuse que les autres.
Sa tante, la comtesse Gemini est elle aussi une femme à part. Sa réputation sulfureuse fait d’elle une paria de la bonne société. Son égoïsme fait qu’elle ne prévient pas Isabel de ce qu’elle risque.

Face à tous ces beaux portraits de femmes, je trouve que les hommes sont un tout petit peu en reste,  ce qui fait que je ne lui ai pas donné la note de cinq sur cinq.
En relisant la première partie, j’ai trouvé que les caractéristiques traditionnelles des hommes et des femmes de l’époque étaient inversées. Ainsi, on commence livre avec une cérémonie du thé savourée par des hommes qui sont souffreteux et qui échange des commérages alors que débarquent les indépendantes et très actives Isabel et Mrs Touchett.
Ralph, le cousin d’Isabel est le personnage masculin le plus intéressant. Quasi omniscient, il prédit presque tout ce qu’il tout ce qu’il va se passer à une seule exception qui sera sa plus grosse erreur.
Lord Warburton, président prétendant Isabel, est lui aussi a été assez touchant par son attachement aveugle et en même temps sa présence amicale.
Par contre, Osmond m’a un peu déçue. Je trouve qu’on n’arrive pas vraiment à le saisir, qu’il n’est pas assez consistant et qui n’est pas assez présent dans le livre pour qu’on puisse le détester comme on le devrait.
Mais celui qui ne m’a vraiment pas plu est Caspar Goodwood. Si au début on a un peu pitié de lui, son côté carpette m’a profondément fatiguée à la fin.

Fidèle à son habitude de nous frustrer, Henry James termine le livre en nous disant où Isabel va mais pas ce qu’elle va y faire, ce qui peut être sujet à de nombreuses interprétations.


Je compte voir  bientôt l’adaptation avec Nicole Kidman, je pense que je rajouterai un petit mot sur ce billet quand je l’aurai vue.

Julie Wolkenstein a écrit un roman, L'excuse, qui s’inspire des personnages de Portrait de femme. Je vais enfin pouvoir le sortir de ma PAL.

Enfin, il me reste beaucoup d’Henry James à découvrir pour mon plus grand plaisir. Je ne sais pas encore quel sera le prochain. De plus, il y a eu beaucoup de publications pour le centenaire donc je pense que ma PAL risque encore d’augmenter !