lundi 8 août 2016

Le scandale de la saison de Sophie Gee



Ce scandale de la saison est celui qui a inspiré à Alexander Pope son célèbre poème The rape of the lock (La boucle de cheveux enlevée). Lord Petre a coupé une mèche de cheveux à Arabella Fermor sans son autorisation ce qui a causé un grand scandale à l'époque.

En ce moment, je m'intéresse un peu au XVIIIe siècle anglais et je découvre que je n'y connais rien du tout. L'action du livre se déroule en 1711 sous le règne d'Anne. Alexander Pope est un jeune poète qui n'a été publié qu'une seule fois. Il se rend à Londres pour écrire et y trouver de l'inspiration.

J'ai beaucoup aimé tout ce qui concernait Alexander Pope et la vie intellectuelle et artistique du début du XVIIIe. On croise Charles Jervas, Jonathan Swift, Jaocb Tonson, William Wicherley, Lady Mary Pierrepont (futur Lady Mary Wortley Montagu), Richard Steele, John Gay... Je dirais que c'est la force mais aussi la faiblesse du livre. Il y a très peu de personnages qui n'ont pas existé dans le livre, ce qui limite un peu les possibilités de l'auteur qui essaye de coller le plus possible à la réalité historique. J'ai l'impression qu'elle n'a jamais su se libérer de l'Histoire pour écrire son histoire.

Le pire est que les rares fois où elle l'a fait, je n'ai pas trouvé cela réussi. Elle invente une histoire d'amour entre Lord Petre et Arabella Fermor. Alexander Pope l'a visiblement évoqué dans son poème. Le problème est que lors de ces passages, j'ai eu l'impression de lire une mauvaise romance. Un langage soutenu ne suffit pas à faire passer le côté ridicule d'un culbutage dans les foins à Hyde Park (entre autres). Elle invente aussi un complot jacobite (les jacobites sont ceux qui veulent détrôner la reine et la remplacer par Jacques III) et catholique. Le problème est que le dénouement du complot est très décevant et surtout peu intéressant. En fait, tout ce qui tourne autour d'Arabella et de lord Petre n'est pas passionnant ; le problème est que ce sont deux personnages principaux du roman.

Le scandale de la boucle de cheveux se situe à la fin du livre et on a comme l'impression de manquer quelque chose car cette histoire se situe au début de la carrière d'Alexander Pope et on aimerait bien savoir ce qui lui arrive par la suite.

J'aurais presque préféré que Sophie Gee fasse une biographie d'Alexander Pope car les passages sur sa vie et sa carrière sont les plus réussis, plutôt qu'une fiction qui au final n'apporte pas grand chose à l'histoire.

Le poème d'Alexander Pope aurait pu être inséré dans le livre parce que je doute qu'il soit très connu en France (pour ma part, je ne l'ai jamais lu) et il semblerait qu'il était présent dans les éditions anglophones du livre.

J'ai fait un tableau sur Pinterest sur ce livre.

Participation au challenge A year in England




dimanche 7 août 2016

Celebrating Charlotte Brontë à la National Portrait Gallery

Le portrait des soeurs Brontë par Branwell à gauche.
 Le portrait d'Emily par Branwell à droite. 

Lors de mon séjour à Londres, je suis passée à la National Portrait Gallery (NPG)  et je suis tombée par hasard sur cette mini-expo puisqu'il n'y a qu'une salle et qu'elle n'est pas du tout annoncée, ni à l'entrée, ni à l'extérieur du musée. Je peux vous dire que quand je l'ai vue, je me suis ruée dans la salle.  

La NPG a décidé de célébrer le 200e anniversaire de la naissance de Charlotte Brontê en présentant les portraits les plus célèbres déjà présents dans leur collection, mais aussi des objets plus rares (dessins, lettres, manuscrits) venus d'Haworth. 

Les notices explicatives étaient vraiment très intéressantes comme par exemple sur sa célébrité et ses liens avec Thackeray.




Il y avait de très nombreux dessins réalisés par Charlotte que je n'avais jamais vus. 

Portrait d'Anne Brontë réalisé par Charlotte

Le portrait de William Weightman (qui était un vicaire dans la paroisse de leur père)
 que je vous mets en lien
 car ma photographie est vraiment trop floue. 

Le portrait de Zenobia, un des personnages de Charlotte. 

Lycidas d'après un tableau de Fuseli
 inspiré d'un poème de Milton

Il y avait aussi quelques lettres et manuscrits de Charlotte Brontë (son journal est très difficile à décrypter) ou bien encore la lettre émouvante de son mari qui annonce sa mort à son amie Ellen Nussey.


Little Book by Charlotte Brontë
Il y avait aussi les très petits livres de Charlotte et Branwell qui contiennent des détails sur le royaume imaginaire de Glasstown. Ils sont assez petits pour être tenus par les soldats de Branwell. 



Les chaussures de Charlotte Brontë


Les portraits de George Richmond

J'avais déjà vu ces portraits de Charlotte Brontë et d'Elizabeth Gaskell, mais je n'avais jamais fait le rapprochement. Il y a aussi un portrait d'Harriet Martineau qui correspondait avec Charlotte Brontë jusqu'à ce qu'elles se brouillent car Harriet a critiqué sévèrement Vilette dans le Daily News.

Même si l'exposition était vraiment trop courte (une seule petite salle), je l'ai trouvé très réussie et cela a relancé mon intérêt (déjà grand pourtant) pour cette famille et en particulier pour Charlotte. J'ai adoré découvrir ses dessins et ses manuscrits.

J'ai aussi fait un tableau sur pinterest avec les oeuvres présentées et depuis j'ai lu Le professeur.


dimanche 12 juin 2016

Les Quatre d'Agatha Christie (Hercule Poirot #4)



Je poursuis mon marathon Agatha Christie avec une nouvelle aventure d'Hercule Poirot.

Hastings rentre d'Amérique du sud et se rend tout de suite chez son ami Poirot qu'il trouve sur le point de partir ... en Amérique du sud. Un homme pénètre alors dans l'appartement de Poirot et s'évanouit. Il évoque ensuite l'existence une mystérieuse organisation criminelle internationale : les Quatre.

Poirot va donc se lancer à leur poursuite pour découvrir qui sont ces quatre grands criminels. Il va quasiment tous les croiser, en particulier l'énigmatique N°4. Poirot retrouve aussi au cours de cette enquête une rivale qu'il apprécie : la comtesse Rossakov.

En lisant ce livre, j'ai trouvé qu'il manquait d'unité. J'ai découvert après ma lecture que ce livre était au départ un ensemble de nouvelles qu'Agatha Christie a retravaillé en roman et franchement cela se sent.

Agatha Christie reprend l'idée d'une grande organisation criminelle responsable de tous les troubles mondiaux. Elle a déjà utilisé cette idée auparavant dans Mr Brown, L'homme au complet marron et Le secret de Chimneys. Par contre, à chaque fois, ce sont des organisations criminelles différentes, à croire qu'il y en a de multiples dans le monde et surtout qu'elles ne se rendent pas compte qu'elles ont toutes le même objectif. J'avoue que ce type d'intrigues ne me séduit pas particulièrement ; l'ensemble me semblant particulièrement peu vraisemblable. Je ne parle même pas de la fin avec une cachette secrète dans une montagne qu'on croirait tout droit sortie d'un James Bond.

Mais, malgré cela, j'ai quand même apprécié certains aspects de l'intrigue notamment certains rebondissements que je n'ai pas vu venir. La méthode de Poirot pour faire sortir les criminels de leur cachette est ingénieuse. On découvre aussi le frère de Poirot et ce passage est assez savoureux.

Même si je trouve ce tome un ton en-dessous de La mystérieuse affaire de Styles et du meurtre de Roger Ackroyd, je l'ai trouvé supérieur au crime du golf.



mardi 24 mai 2016

Retour à Whitechapel de Michel Moatti (Amelia Pritlowe #1)


Londres, 1941. Amelia Pritlowe, infirmière de son état, apprend qu'elle est en réalité la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack l'Eventreur. Bouleversée par cette découverte, elle tente de comprendre ce qu'il s'est passé et de découvrir la véritable identité du meurtrier.

Cet ouvrage est à li-chemin entre la fiction et le documentaire puisque, bien que présentant une histoire romancée, l'auteur nous livre les conclusions de son enquête sur Jack l'Eventreur et nous livre le nom du coupable (selon lui).

J'ai particulièrement aimé la reconstitution du Londres victorien. Plus qu'un simple exposé des 5 meurtres commis par "The Ripper", Moatti nous plonge dans les quartiers misérables de l'East End où les populations n'ont quasiment tien pour survivre. Par exemple, l'un des passages les plus frappants du livre est la description d'une manifestation contre les patrons des usines d'allumettes car de nombreuses ouvrières ont le visage dévoré par le phosphore. La scène est saisissante, on retient presque son souffle à la lecture tellement on a l'impression de descendre dans la rue avec elles et de compatir à leurs souffrances.

L'enquête nous entraîne évidemment sur les traces de l'Eventreur mais aussi de ses victimes. On en apprend un peu plus sur leurs vies grâce à des témoignages de personnes qui les ont connues et on en apprend aussi un peu plus sur leur mort.  Même si les meurtres sont décrits dans tous leurs aspects les plus cruels et sauvages, Moatti ne se complaît jamais dans des descriptions voyeuristes .C'est clair, c'est précis, mais les faits sont évoqués avec pudeur, sans aucune volonté de surenchère, ce que j'ai apprécié.

J'ai été un tout petit déçue par la partie contemporaine dans le sens où je pensais que les événements de la Seconde guerre mondiale joueraient un rôle plus important dans le récit, mais ils ne servent qu'à faire écho à la violence des meurtres sans avoir d'existence propre. Par contre, on rencontre une société spécialisée dans les recherches sur Jack l'Eventreur (des "ripperologues") et ces passages sont fort sympathiques.

J'en viens maintenant à la résolution de l'intrigue (sans spoilers). Moatti nous livre le nom de celui qui selon lui serait Jack l'Eventreur. Je n'ai pas été totalement convaincue par sa théorie. Même si le coupable pourrait être effectivement le meurtrier de Mary Jane Kelly, l'enquête ne montre pas s'il avait ou non un alibi pour les autres meurtres. Ce n'est pas parce qu'il aurait eu la possibilité de tuer une femme qu'il aurait eu la possibilité de tuer toutes les autres. C'est évidemment impossible à démontrer vu l'absence de recherche des policiers de l'époque concernant ce personnage.
Je n'ai pas non plus totalement adhéré à la façon dont l'héroïne réagit à la fin.

Malgré ces derniers bémols, je vous conseille ce livre si vous êtes intéressé par les fictions mettant en scène Jack l'Eventreur. La plongée dans les bas-fonds de Londres est très réussie.

Il existe une suite à cet ouvrage où cette fois l'action se déroule entièrement pendant la Seconde Guerre mondiale. Je viens de débuter ma lecture...


dimanche 22 mai 2016

Le meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie (Hercule Poirot # 3)


Je continue d'avancer dans mon marathon Agatha Christie qui consiste à lire tous les ouvrages de l'auteur dans l'ordre de publication. J'avoue avoir laissé tomber ses nouvelles parce que les deux premières consacrées à Hercule Poirot ne m'ont pas emballée plus que cela. Du coup, je continue seulement pour l'instant à lire ses romans, mais je reviendrai sans doute à ses nouvelles plus tard. 

Je suis restée bloquée un certain temps avant de me décider à lire Le meurtre de Roger Ackroyd parce que je me suis bêtement spoilée il y a quelques mois. J'ai essayé d'oublier qui était le coupable mais plus j'essayais, plus je m'en souvenais. J'ai donc décidé de lire quand même le livre parce que je ne pense pas que j'aurais oublié cette révélation même si j'avais attendu un an. Et puis, il me reste à lire presque 80 ouvrages dont je ne connais pas le coupable alors autant avancer ! 

Je vous garantis donc un billet sans spoilers parce que je n'aimerais pas que d'autres personnes se retrouvent dans la même situation que moi. 

Le paisible petit village de King's Abbot est secoué en peu de temps par deux disparitions qui remuent la petite communauté. Tout d'abord, la mort suspecte de Mrs Ferrars (les habitants soupçonnent un suicide) et puis l'assassinat de Roger Ackroyd qui aurait dû, selon les rumeurs du village, épouser Mrs Ferrars. 
Il se trouve que ce charmant village est celui qu'Hercule Poirot a choisi pour passer paisiblement sa retraite à cultiver des courges. Il se retrouve toutefois amené à enquêter sur le meurtre pour tenter d'innocenter Ralph Paton, le fils adoptif de Roger Ackroyd, que tout semble accuser. 

L'enquête est racontée par un des protagonistes de l'affaire, le docteur Sheppard. Poirot semble trouver en lui un remplaçant à Hastings, parti s’installer en Argentine. 

On retrouve une intrigue très classique avec un meurtre dans une pièce fermée à clef (mais la fenêtre est ouverte), des suspects à foison qui ont tous quelque chose à cacher et une révélation finale où tous les suspects sont réunis dans la même pièce. 

Ce que j'apprécie particulièrement chez Hercule Poirot, ce sont toutes les petites phrases qu'il lâche tout au long de l'enquête. Elles sont censées nous donner des indices mais au contraire elles apparaissent sur le moment totalement incompréhensibles voire saugrenues jusqu'au moment où toutes les pièces du puzzle se mettent en place. 

J'ai aussi beaucoup aimé l'ambiance "petit village" de ce volume avec tous ses ragots, la surveillance des uns par les autres, la formidable partie de Mah-jong où chacun en profite pour énoncer des hypothèses. Le personnage de Caroline Sheppard, la soeur du docteur, présentée comme une vieille fille qui se mêle de tout est particulièrement réjouissant. Elle impose sa volonté à son frère et à l'ensemble du village, elle essaye de tirer les vers du nez à Poirot et invente des théories toutes plus extravagantes les unes que les autres. Il paraît qu'elle préfigure Miss Marple (j'ai hâte de découvrir ce personnage). 

Le roman est très célèbre pour sa résolution de l'intrigue. Comme je la connaissais, j'ai essayé de voir les indices que laissait Agatha Christie. Il y a en quelques uns, mais franchement, je pense que j'aurais été totalement dupée si je n'avais pas connu le coupable. 

Mais le livre ne repose pas que sur cette révélation, car même en la connaissant, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage que j'ai dévoré en quelques heures. 

Je compte bien poursuivre ma découverte des aventures de Poirot. J'aimerais aussi lire Qui a tué Roger Ackroyd ? de Pierre Bayard (c'est d'ailleurs en lisant son résumé que je me suis spoilée). J'avais beaucoup aimé son Enquête sur Hamlet et j'ai très envie de lire celui-ci d'autant qu'il proposerait une autre résolution de l'affaire d'après ce que j'ai compris ! 

J'ai aussi vu l'adaptation par ITV que j'ai trouvé vraiment très mauvaise à cause du scénario qui modifie trop les intentions des personnages. Je ne peux pas vraiment en dire plus parce que sinon je risque de révéler trop d'éléments de l'intrigue, mais c'était vraiment décevant. 



dimanche 20 mars 2016

Le bilan de Février 2016


Voici avec beaucoup de retard mon bilan du mois de février. J'ai eu un début de mois de mars assez compliqué et je n'ai pas eu le temps, ni l'envie d'ailleurs, de lire ou de bloguer. Je remercie Claire qui m'a écoutée et qui m'a remis le pied à l'étrier en me proposant une LC de Germania d'Harald Gilbers. 

Je vais donc essayer de rattraper mon retard en commençant par le bilan. 
J'ai beaucoup lu au mois de février, bien aidée par l'absence de connexion internet pendant une semaine. 
J'ai lu 11 livres dont des sacrés pavés. J'ai indiqué des notes sur 5. 

  • Tess d'Urberville de Thomas Hardy 4
  • Adorable Sophy de Georgette Heyer 3.5 
  • Le secret de l'automate d'Annie Jay 4
  • Le monde caché d'Axton House d'Edgar Cantero 2 
  • Le cadeau de la reine d'Annie Jay 3.5
  • Les roses noires de Janne Thynne 4.5
  • La décision de Britta Böhler 2.5
  • 22.11.63 de Stephen King 4.5
  • L'if et la rose de Mary Westmacott 3.5
  • Portrait de femme d' Henry James 4
  • L'artiste du Beau de Nathaniel Hawthorne 4
(La nuit du bûcher apparaît sur la photo parce que je devais le rendre à la bibli, mais je ne l'ai fini qu'en mars).

J'ai lu des livres très intéressants et très diversifiés au mois de février. J'ai essayé de quitter un peu mes auteurs anglo-saxons avec des auteurs français (et jeunesse en plus !), espagnol (qui écrit en anglais) et allemand. On peut tout de même remarquer que ce n'a pas été une grande réussite pour ces deux derniers puisque ce sont les livres qui obtiennent les notes les plus basses. 




J'ai bien avancé dans ma liste de livres à lire absolument cette année puisque j'ai rayé 5 livres ce mois-ci ce qui porte mon total à 7 / 21 (je n'ai pas repris de photos avec la liste mise à jour). 

Je continue à essayer de lire rapidement les livres que j'achète neufs. J'avais bien commencé, mais là j'ai pris un peu de retard vu que je n'ai pas beaucoup lu depuis le début du mois. Mais j'espère que ça va revenir. De même pour les billets de blog. 



Je ne sais pas comment vous écrivez vos billets de blog, mais pour ma part, je note les idées essentielles dans mon reading journal, puis je rédige mon billet au crayon de mine sur un de mes cahiers de brouillon. Quand je le tape directement sur l'ordi, je me retrouve rapidement en train de traîner sur d'autres sites et je perds un temps fou. Donc je m'assoie au bureau et je fais tout à l'ancienne ! 

Pour finir, j'ai repéré quelques sorties en poche qui rejoindront sans doute ma PAL incessamment sous peu :

La part des flammes de Gaëlle Nohant (Le livre de poche)
Il y a eu de très très nombreux billets positifs sur ce livre et j'attendais impatiemment sa sortie en poche. C'est chose faite. J'attends juste d'avoir écluser un peu ma PAL pour l'acheter.

L'homme au masque de verre de Viviane Moore (10 / 18)
Parce que cela me rappelle que j'ai le tome 1 dans ma PAL et que je ne l'ai toujours pas lu, il serait temps ! (mais je n’achèterai pas le tome 2 sans avoir lu le 1)

Retour de flammes de John Lawton (10 / 18)
Ce n'est pas pour tout de suite puisqu'il ne sort que le 9 avril, mais je suis tellement contente que 10 / 18 sorte la suite de cette série dont j'avais adoré le premier opus Black-Out l'an dernier !

Ainsi vont les filles de Mary Westmacott (Le livre de poche)
Je compte bien poursuivre ma découverte des Westmacott ! Celui-ci sort le 20 avril.

Bonnes lectures !


dimanche 28 février 2016

Portrait de femme d'Henry James





Aujourd’hui, c’est le centième anniversaire de la mort d’Henry James. J’ai donc décidé de lui rendre hommage en organisant une LC de Portrait de femme avec AnGee du Livroscope.

Je n’ai pas encore beaucoup lu Henry James (seulement Les papiers de Jeffrey Aspern, Le tour d’écrou, Daisy Miller et Washington Square), mais à chaque fois j’ai été séduite. Ce que j’aime chez Henry James (et que souvent les gens n’aiment pas), c’est la façon dont il joue sur notre frustration, sur notre incertitude et surtout combien peut s’interroger après avoir lu l’un de ses livres et ne pas avoir du tout la même perception des événements qu’un autre lecteur (voir mon billet sur Le tour d’écrou). Je dois dire que Portrait de femme ne fait pas exception à la règle.

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre (presque deux ans) non pas parce qu’il ne me plaisait pas, mais parce que je l’ai commencé à des moments où je n’avais pas forcément beaucoup de temps pour lire et je n’aime pas laisser traîner mes lectures. De plus, je ne pouvais pas vraiment l’emmener partout avec moi car il est quand même assez encombrant. J’ai donc lu trois fois les 100 premières pages et je dois dire que je ne me suis jamais lassée de les relire. Je sais que certains trouvent le style de James difficile, personnellement je trouve que ses phrases glissent toutes seules.

Portrait de femme raconte le parcours d’Isabel Archer. Jeune américaine, elle est invitée par sa tante en Angleterre. Isabel, éprise de liberté et ravie de se voir donner une chance de visiter le monde, accepte avec enthousiasme.
À son arrivée en Angleterre, elle charme tous les hommes qu’elle rencontre : son oncle mourant, son cousin maladif et leur voisin Lord Warburton. À tel point que celui-ci lui demande de l’épouser. Isabel refuse car elle ne l’aime pas et elle espère autre chose de l’avenir, sans savoir précisément quoi. Un de ses soupirants américains, Caspar Goodwood, fait la traversée pour venir lui aussi lui demander sa main. Elle refuse de même.

Isabel n’est pas forcément le personnage le plus facile à comprendre mais je l’ai beaucoup aimée. Intelligente, elle espère faire quelque chose de sa vie et surtout être libre. Elle ne veut pas dépendre d’un homme et ne veut pas épouser quelqu’un qu’elle n’aime pas. Elle va se retrouver indépendante financièrement et ainsi pouvoir choisir sa destinée. Je pense ne pas trop révéler de l’intrigue en disant qu’elle va faire un mauvais choix. Ce sont les raisons de ce choix qui sont intéressantes et qui peuvent être perçues de manières différentes. Isabel aurait-elle fait le même choix si elle n’avait pas eu d’argent ? Est-ce l’argent qui a fait son malheur ? Ou bien est-ce son orgueil ? Ou le fait qu’elle soit persuadée d’avoir des motifs purs et d’avoir raison ? Est-elle vraiment responsable ou est que ce sont les autres personnages qui l’y ont poussée ? Sa fidélité à ses idéaux force-t-elle l’admiration ou bien n’est-ce qu’un stupide entêtement ? 

Le livre s’appelle Portrait de femme mais il aurait très bien pu s’appeler Portraits de femmes tellement les autres personnages féminins sont intéressants. 
Je pense tout d’abord la tante d’Isabel, Mrs Touchett qui est entièrement indépendante bien que mariée. Elle ne fait que ce qu’elle désire et passe la majorité de son temps éloignée de son mari et de son fils.
Serena Merle est aussi un autre personnage fascinant. Elle veut donner aux autres l’impression d’être parfaite même si on sait dès le départ qu’elle est une intrigante. Malgré tout le mal qu’elle fait, on ne peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle quand la révélation finale tombe.
Henrietta Stackpole, la journaliste et amie d’Isabel est aussi une femme libre de par son métier. Elle trouve d’ailleurs que les Anglais sont bien ennuyeux avec toutes leurs règles de bienséance et jure qu’elle n’en épousera jamais, même si elle devient très amie avec un gentleman.
Pansy Osmond est aussi un personnage très intéressant bien qu’à l’inverse de toutes les autres femmes précédentes. Élevé dans un couvent, elle n’a pour but  que d’obéir à son père et de satisfaire les désirs des autres. On peut d’ailleurs se demander si cela la rend plus heureuse ou malheureuse que les autres.
Sa tante, la comtesse Gemini est elle aussi une femme à part. Sa réputation sulfureuse fait d’elle une paria de la bonne société. Son égoïsme fait qu’elle ne prévient pas Isabel de ce qu’elle risque.

Face à tous ces beaux portraits de femmes, je trouve que les hommes sont un tout petit peu en reste,  ce qui fait que je ne lui ai pas donné la note de cinq sur cinq.
En relisant la première partie, j’ai trouvé que les caractéristiques traditionnelles des hommes et des femmes de l’époque étaient inversées. Ainsi, on commence livre avec une cérémonie du thé savourée par des hommes qui sont souffreteux et qui échange des commérages alors que débarquent les indépendantes et très actives Isabel et Mrs Touchett.
Ralph, le cousin d’Isabel est le personnage masculin le plus intéressant. Quasi omniscient, il prédit presque tout ce qu’il tout ce qu’il va se passer à une seule exception qui sera sa plus grosse erreur.
Lord Warburton, président prétendant Isabel, est lui aussi a été assez touchant par son attachement aveugle et en même temps sa présence amicale.
Par contre, Osmond m’a un peu déçue. Je trouve qu’on n’arrive pas vraiment à le saisir, qu’il n’est pas assez consistant et qui n’est pas assez présent dans le livre pour qu’on puisse le détester comme on le devrait.
Mais celui qui ne m’a vraiment pas plu est Caspar Goodwood. Si au début on a un peu pitié de lui, son côté carpette m’a profondément fatiguée à la fin.

Fidèle à son habitude de nous frustrer, Henry James termine le livre en nous disant où Isabel va mais pas ce qu’elle va y faire, ce qui peut être sujet à de nombreuses interprétations.


Je compte voir  bientôt l’adaptation avec Nicole Kidman, je pense que je rajouterai un petit mot sur ce billet quand je l’aurai vue.

Julie Wolkenstein a écrit un roman, L'excuse, qui s’inspire des personnages de Portrait de femme. Je vais enfin pouvoir le sortir de ma PAL.

Enfin, il me reste beaucoup d’Henry James à découvrir pour mon plus grand plaisir. Je ne sais pas encore quel sera le prochain. De plus, il y a eu beaucoup de publications pour le centenaire donc je pense que ma PAL risque encore d’augmenter !




lundi 22 février 2016

Adorable Sophy de Georgette Heyer


Adorable Sophy est le dernier des Georgette Heyer qu’il me restait à lire parmi ceux qui ont été publiés récemment en français chez Milady Romance. Il est réputé pour faire partie de ses meilleurs.

Sophy arrive du continent pour passer quelques mois dans sa famille à Londres. La jeune femme qui a un caractère très affirmé, va commencer à révolutionner la maison de sa tante au grand dam de son cousin Charles.

Sophy est un personnage excentrique qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas et qui a un sens des conventions sociales bien à elle. Ses excentricités sont plaisantes à suivre car elle dérange et cela entraîne bien souvent des situations qui font sourire car elle a quelques comportements « osés » pour  l’époque comme par exemple conduire un attelage à toute vitesse dans les rues de Londres. J’ai beaucoup aimé la façon Sophy manipule tout le monde pour arriver à ses fins. Par exemple, elle va tout faire pour que sa cousine, éprise d’un poète, soit forcée de passer du temps avec lui pour qu’elle se rende compte que si l’interdit est excitant, la mauvaise poésie elle, est plutôt rasoir.

Comme à chaque fois, les personnages secondaires sont fort sympathiques. Mention spéciale au père de Sophy  qui ne fait que deux apparitions mais celles-ci sont vraiment très drôles

En refermant le livre, je n’étais pas complètement emportée par ma lecture et je me suis demandée pourquoi. Tout d’abord, il y a le fait que les héros qui tombent amoureux sont cousins germains, ce qui ne fait pas vraiment rêver, même si, comme je l’ai appris grâce à Agatha Christie dans L’if et la rose (billet à venir), ce n’est pas interdit par l’église anglicane contrairement à l’église catholique. Mais, cela n’a pas été mon plus gros problème (je me suis dit que puisque c’était quelque chose qui se faisait à l’époque…). Ce que j’ai réalisé grâce à ce livre, c’est que je n’aime pas les histoires où les caractères des héros sont trop opposés (il serait temps que je le réalise !). Sincèrement, comment Sophy peut-elle trouver du charme à ce bonnet de nuit de Charles ? Lui encore, je peux voir ce qu’il trouve à Sophy car elle rayonne. Mais dans le cas d’une union, je pense qu’ils seraient tous les deux extrêmement malheureux. Et je trouve que ce type de couple fonctionne mal en romance, même s’il est assez répandu. Il y a un trop grand déséquilibre car l’un des personnages prend totalement le dessus sur l’autre.

Malgré mes critiques précédentes, j’ai quand même pris un plaisir certain à lire ses aventures notamment grâce à un final  échevelé où Sophy prépare un plan qui paraît bien audacieux et où évidemment tout va aller de travers. Toutes les personnes qu’elle veut éviter vont venir perturber le cours des choses. Ce final rappelle un peu le brin de folie qui m’avait tant plu dans Cotillon.

L’histoire est sympathique et la fin est très réussie mais le couple principal à des caractères trop opposés pour que je me laisse totalement emportée.

Mon préféré reste toujours à ce jour le très réjouissant Cotillon (je me mords les doigts de ne pas avoir fait de billet sur ce livre, mais je le relirai bien un jour).
Vous pouvez toujours lire mes billets sur Un mariage de convenance et Les fourberies de l'amour

Il ne me reste qu’un seul Georgette Heyer dans ma PAL, il s’agit de Frederica que j’ai acheté en VO car pour l’instant, il n’y a aucun autre Georgette Heyer de prévu chez Milady (cela fait presque un an que Ce merveilleux passé voit sa sortie annoncée puis reportée. Je n’y crois plus du tout). Et puis comment résister à cette magnifique couverture  ! 



                                            Participation au challenge A year in England 


dimanche 21 février 2016

Loin de vous ce printemps de Mary Westmacott (alias Agatha Christie)


Le Livre de poche a eu la très bonne idée de republier les livres d'Agatha Christie parus sous le pseudonyme Mary Westmacott. Il en existe 6. Loin de vous ce printemps et L'if et la rose sont déjà disponibles. Ainsi vont les filles devrait être republié le 20 avril. Espérons que les autres suivront ! 

Loin de vous ce printemps n'a fait qu'un très court séjour dans ma PAL puisque je l'ai terminé le lendemain de mon achat.

Le titre fait référence au sonnet 98 de Shakespeare : "From you have I been absent in the spring". 

Joan Scudamore était partie à Bagdad pour rendre visite à sa fille, jeune mariée et jeune maman, qui s'était subitement sentie mal. Sur le chemin du retour, elle rencontre Blanche, une de ses anciennes amies de pensionnat. Joan trouve que la vie n'a pas été tendre avec Blanche qui semble prématurément vieillie. Lors de cette brève rencontre, elles évoquent leurs activités. Joan dit qu'elle est tellement occupée qu'elle n'a jamais le temps de s'arrêter et de ne penser à rien. Blanche lui rétorque que si on prenait vraiment le temps de réfléchir à sa vie, peut-être qu'on découvrirait des choses que l'on n'apprécierait pas. Joan poursuit son voyage pour rentrer en Angleterre. Mais, suite à des inondations exceptionnelles, elle se retrouve bloquée juste avant la frontière turque dans le petit village de Tell Abu Hamid. Elle est obligée de rester sur place et va donc se retrouver seule avec elle-même pendant quelques jours. 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avant de commencer ce livre, mais ce qui est sûr, c'est que je ne m'attendais pas à ça. Les romans publiés sous le pseudonyme de Mary Westmacott sont souvent qualifiés de "romans sentimentaux" avec tout ce que cela sous-entend de péjoratif de la part de ceux qui écrivent cela. Personnellement, comme les romances ne me dérangent pas, je me suis laissée tenter. Mais, Loin de vous ce printemps n'a strictement rien d'une romance. C'est plus un drame psychologique et on referme le livre le coeur serré. 

Joan se retrouve donc seule avec ses pensées. Au départ, elle essaye de lire The Power House de John Buchan mais rapidement ses souvenirs la rattrapent. Blanche lui a fait quelques allusions à peine voilées sur la « maladie » de sa fille et sur son mariage qui bat de l’aile alors que Joan n’a pas eu cette impression lors de sa visite. Mais elle commence à se rappeler des conversations qu’elle n’a pas comprises sur le moment. Joan s’interroge : a-t-elle manqué quelque chose ? Blanche lui a aussi lancé une petite pique sur la « fidélité » de son mari. Joan est sûre qu’il lui a été fidèle mais d’autres souvenirs reviennent et Joan se pose de plus en plus de questions.

Ce qui est très réussi dans le livre, c'est que Joan ne comprend pas tout d’un coup. Elle a gardé des œillères pendant toute sa vie, tout ne peut donc pas s’éclairer tout de suite. Mais nous, au travers de son récit, nous voyons les failles, nous voyons  ce qui ne colle pas, nous comprenons ce qu’elle n’ose pas comprendre. Joan se révèle être une femme égocentrique. Elle pense tellement que tout va bien qu’elle ne voit pas qu’elle blesse ceux qui vivent autour d’elle. Au fur et à mesure de ces jours passés seule, Joan va déciller. Même si ce n’est pas un livre policier, il y a une certaine tension car on se demande ce qu’il va arriver à Joan : va-t-elle enfin comprendre ce qu’elle n’a jamais saisi ? Va-t-elle changer ? Ou bien même va-t-elle devenir folle perdue seule au milieu du désert ?

Je crois que ce type de livres sur le temps qui passe, les regrets, les choses que l’on n’a pas faites… est  vraiment le genre que je préfère. J’ai beaucoup pensé à Zweig en lisant ce livre, pas au niveau du style (de toute manière c’est une traduction) mais au niveau des thématiques : l’héroïne effectue  un retour sur elle-même et se rend compte qu’elle est peut-être passée à côté de sa vie, que les membres de sa famille sont pour elle des inconnus. C’est très beau mais très cruel car Joan les aime même si elle les aime mal. C’est très triste de réaliser qu’on peut aimer quelqu’un et en même temps ne jamais comprendre la personne et même ne pas s’apercevoir qu’elle ne vous aime pas.

La chute de cet ouvrage est ce qu’elle devait être ; elle est à la hauteur de tout le reste. On découvre dans un épilogue les pensées de son mari. Cela permet de voir les choses un tout petit peu différemment et de revenir peut-être aussi un peu sur la façon dont on a perçu Joan.



Comme souvent pour les livres que j'ai trop aimés, j'ai l'impression de ne pas avoir évoqué tout ce que j'aurais dû (la façon dont l'oeuvre de Shakespeare rythme la lecture par exemple). Ce fut en tout cas un véritable coup de coeur pour moi et j'espère que certains d'entre-vous se laisseront tenter par cette autre facette de la reine du crime. 

Participation au challenge A year in England 




samedi 20 février 2016

Le secret de l'automate d'Annie Jay (Elisabeth, princesse à Versailles, Tome 1)



Un des premiers billets de mon blog avait été consacré à un livre d’Annie Jay (Complot à Versailles). Je l’avais beaucoup aimé et je m’étais dit que je lirai bientôt sa suite. Comme souvent, je suis passée à autre chose et je n’ai toujours pas lu le deuxième tome (honte à moi !). Mais, quand j’ai entendu parler sur Whoospy Daisy de la nouvelle série d’Annie Jay, j’ai eu envie de la découvrir. J’ai très bien fait car cette nouvelle série est très plaisante. Et il faut reconnaître que c’est en soi un exploit qu’une série jeunesse me plaise !

Élisabeth Philippine Marie Hélène de France est la petite fille de Louis XV et la jeune sœur de Louis- Auguste (futur Louis XVI). Âgé d’une dizaine d’années, elle pose tellement de problèmes à Madame de Marsan, la gouvernante des Enfants de France, que celle-ci demande la permission à Louis XV d’engager quelqu’un spécialement pour s’occuper de la jeune princesse. Ce rôle va être dévolu à Madame de Mackau dont l’arrivée va bouleverser la vie Élisabeth.



Élisabeth est une petite princesse très attachante. Un peu rebelle, elle a du mal à se plier à l’étiquette de la Cour et elle ne suit pas toujours les conseils de sa gouvernante surtout que les études l’ennuient. Toutefois, elle a tout de même bien conscience de son rôle ; elle sait qu’elle est élevée pour devenir un jour la reine d’un des pays alliés de la France (sa sœur Clotilde est par exemple promise au prince héritier de Piémont-Sardaigne). En fait, Élisabeth est surtout une petite fille très esseulée qui s’épanouit dès qu’elle trouve une amie en Angélique, la fille de sa gouvernante Madame de Mackau (ces personnages ont réellement existé). Les méthodes innovantes de Madame de Mackau vont davantage convenir à la jeune princesse. 

Le livre ne se contente pas de raconter la vie d'Élisabeth, il y a aussi un mystère que la princesse va devoir élucider. Élisabeth casse par maladresse sa boîte à musique qui était accompagnée d’un automate. À l’intérieur, elle trouve un mystérieux message codé qu’elle va essayer de décoder avec l’aide d’Angélique (d’ailleurs on peut vraiment s’amuser à le décoder ce que je trouve toujours très plaisant). Le mystère semble lié à la famille de Théophile de Villebois, le page chargé de s’occuper du cheval d’Élisabeth. La boîte à musique faisait auparavant partie d’un groupe de trois automates qui appartenait au grand-père de Théo mais celui-ci a été obligé de le vendre car il a été ruiné. Élisabeth, aidée de ses amis, va donc tenter de résoudre ce mystère.

Même si le livre s’adresse à de jeunes lectrices (à partir de huit ans je crois), je ne me suis pas ennuyée un seul instant bien au contraire ! J’ai dévoré ce tome en moins d’une heure et à la fin, je n’avais qu’un seul regret : ne pas avoir la suite sous la main car le mystère n’est pas résolu et l’intrigue se poursuit dans le tome 2 (je pense qu’il s’agit d’une sorte de roman-feuilleton).

Comme souvent dans les romans jeunesse, il y a des allusions qui échappent sans doute aux jeunes lecteurs mais qui ravissent les plus grands. Par exemple pour se préparer à son futur rôle de reine, Clotilde reçoit des leçons d’italien de Carlo Goldoni. Le peintre Watteau est aussi évoqué puisqu'un de ses tableaux a disparu.



Enfin, je suis totalement tombée sous le charme des très nombreuses illustrations d’Ariane Delrieu. Elles sont toutes plus magnifiques les unes que les autres et collent parfaitement à l’histoire. Je trouve souvent que les ouvrages jeunesse sont chers mais ici entre l’histoire et les illustrations, on en a vraiment pour notre argent !


La suite a déjà rejoint ma PAL et je vous en parlerai bientôt.

jeudi 11 février 2016

Tess d'Urberville de Thomas Hardy


Il y a très très longtemps (environ 15 ans), j’ai vu l’adaptation de Tess par Roman Polanski et cette histoire m’avait profondément marquée. Mais, je n’ai jamais revu ce film et je n’avais pas encore lu le livre bien qu’il soit sur ma liste de livres à lire depuis très longtemps.

L’an dernier, Thomas Hardy était à l’honneur avec l’adaptation de Loin de la foule déchaînée par Thomas Vinterberg. J’en ai profité pour découvrir cet auteur que je n’avais encore jamais lu. J’ai lu et aimé ses nouvelles du recueil Une femme d’imagination et j’avais commencé Tess, mais je n’avais pas eu le temps de le finir et entre-temps j’étais passée à autre chose (j’ai beaucoup papillonné en 2015). Mais ce n’était que pour mieux le reprendre, puisque j’ai fini les 200 dernières pages en une journée.

Le livre est aussi redevenu un peu à la mode grâce (à cause ?) de 50 shades of Grey puisqu’il est cité comme étant un des livres préférés de l’héroïne. Si je n’ai pas lu le livre, j’ai vu le film (meilleur film comique de 2015) et je ne résiste pas au fait de vous citer l’un des passages qui fait référence à Tess. J’avoue que je le cite de mémoire et que c’était donc peut-être un peu mieux dit que cela (ou bien c’était encore pire ce qui est possible aussi).
"- Vous aimez la littérature anglaise ? (Christian Grey)
- Oui (gloussement de dinde ou machouillage de cheveux)
- Les soeurs Brontë, Jane Austen, Thomas Hardy ? (il s'y connait le Christian !) 
- Hardy plutôt (Bella avait déjà pris les Hauts de Hurlevent et Jane Austen n'est sans doute pas assez sexualisée)
(...) 
- Vous êtes une romantique ? (sens cucul du terme, pas sens du mouvement littéraire)
- Bah oui (gloussement de dinde ou machouillage de cheveux)
- Ah oui, j'oubliais vous aimez la littérature anglaise !"
 Les amateurs de littérature anglaise (dont je suis)  apprécieront la vision que l’on a de nous. Je me souviens avoir bondi de mon siège.

Mais revenons à nos moutons,  ou plutôt à nos vaches du Wessex. Tess est une jeune femme aux ambitions simples : elle rêve de devenir maîtresse d’école. Mais un soir, elle s’endort en conduisant la charrette familiale et tue accidentellement le cheval qui permettait à sa famille de transporter leur production jusqu’aux villages voisins. Se sentant redevable, elle accepte de s’occuper d’un élevage de poules dans une famille qui leur serait vaguement apparentée. Mais elle tombe alors dans les griffes du fils de la famille, Alec d’Urberville, qui la poursuit de ses assiduités ce qui va ensuite être la cause de sa chute sociale car elle va devoir porter un lourd secret.

Ce que j’aime chez Thomas Hardy (et que j’avais déjà apprécié dans ses nouvelles) est cette impression que ses héros passent à côté du bonheur à cause de petits riens, de phrases qui n’ont pas prononcées, de gestes qu’ils n’ont pas faits mais que tout aurait pu être différent s’ils avaient eu un petit coup de pouce du destin. Si la lettre de Tess ne s’était pas retrouvée coincée sous le tapis ou bien si elle n’avait rien dit à Angel, elle aurait sans doute eu une autre vie (ces possibilités se prêteraient  d’ailleurs très bien à une réécriture, je m’étonne qu’il n’y en ait pas à ma connaissance). Cette façon de passer si près du bonheur m'émeut beaucoup.

Si Tess passe à côté du bonheur, elle n’est pas épargnée par le malheur la pauvre. Séductrice malgré elle, sa beauté sera sa croix. D’ailleurs, elle essaie même de s’enlaidir un moment pour échapper aux regards des hommes. En même temps, je n’arrive pas complètement adhérer à son personnage à cause de sa soumission et sa vénération aveugle envers Angel qu’elle trouve parfait à tel point qu’elle se plie à toutes ses décisions sans réagir. Au moins face à Alec, elle lutte. Même si j’ai tout de même de la peine pour elle et sa destinée si tragique.

Certaines scènes sont très belles et très poétiques comme la fête de mai où les jeunes filles dansent ou bien encore la crise de somnambulisme d’Angel.

Habituellement, je n’aime pas les descriptions qui concernent l’agriculture. Mais Hardy a réussi à me faire apprécier ces passages. Je n’ai pas sauté une ligne quand il évoquait la traite des vaches ni les travaux des champs. J’ai beaucoup aimé sa description d’un monde qui s’éteint, de ces ouvriers agricoles forcés à l’exode rural car ils sont remplacés par des machines

Partie à éviter si vous ne connaissez pas l’histoire.

J’aime particulièrement les romans qui soulèvent des débats sur leur interprétation et Tess en fait partie, même si le premier débat me paraît entièrement masculin. Lors de ma lecture, je n’ai douté à aucun moment que Tess avait été violée par Alec. Honnêtement, je ne vois pas comment on pourrait donner son consentement en étant ENDORMIE. Mais visiblement, c’est un débat autour du livre car pour certains, les hésitations de Tess envers Alec étaient peut-être des tentatives de séduction. J’avoue avoir arrêté de lire l’introduction (lue après avoir fini le livre comme il se doit) tellement les arguments de l’auteur me semblaient idiots. J’ai lu d’autres articles mieux argumentés depuis, mais dans mon esprit il ne fait aucun doute qu’Alec a abusé d’elle.

Il n’en reste pas moins qu’Alec est un personnage fascinant dans tout ce qu’il a de contradictoire. J’avoue avoir été très étonnée, par son retournement spectaculaire quand il pense découvrir la foi mais que le simple fait de voir Tess le fait retomber dans ses démons. Tess est sa tentation et il est incapable de lui résister. S'il est évidemment condamnable, il a quand même un côté pitoyable. Il essayera  de réparer ce qu’il a fait même si, en fait, il aggrave les choses.

Angel est aussi un personnage ambivalent. S’il apparaît comme le sauveur, l’ange salvateur de Tess, il se retrouve empêtré dans les conventions de son époque alors même qu’ils les avaient en partie rejetées au niveau de la religion ou bien même du système social quand il décide d’épouser Tess alors qu’elle lui est inférieure.  Mais, il devient lui aussi son bourreau de par son aveuglement. Qu’il la rejette semble un comportement assez logique vu qu’il est un homme de son époque, mais il ne voit pas les extrémités auxquelles il la pousse (voire même auxquelles il pousse les autres femmes). Il est pour moi autant l’artisan de son malheur qu’Alec.

J’ai aussi beaucoup aimé le dilemme moral auquel est confrontée Tess : doit-elle ou non révéler son secret à Angel ? J’ai trouvé ces pages très intéressantes car à chaque fois le destin s’interpose jusqu’à la nuit de noces.

J’aurais juste un petit regret quant à la fin que je ne trouve pas complètement  à la hauteur du reste. Je trouve la fuite de Tess et surtout son arrivée à Stonehenge un peu trop précipitées. Le côté sacrificiel de l’ensemble de l’ouvrage était déjà assez visible, je pense qu’il n’y avait pas besoin de souligner cela par les ruines de Stonehenge. Par contre, la dernière page est magnifique de pudeur et de retenue.

Lecture commune avec Marmelade de livres, Philisine Cave (billet à venir) et aussi sur Whoopsy Daisy. 




En plus d’avoir beaucoup d’autres romans de Thomas Hardy dans ma PAL, je vais regarder les trois adaptations de Tess que je possède. J’ai aussi le roman Winter de Christopher Nicholson dans ma PAL et il raconte justement la mise en scène de Tess par Thomas Hardy. (Il est exceptionnellement traduit en français sous le titre Hiver pour ceux que ça intéresse).

Participation au challenge A year in England 


mardi 2 février 2016

Le secret de Chimneys d'Agatha Christie


Le secret de Chimneys est le cinquième roman d’Agatha Christie (je ne compte pas ses nouvelles). Je précise à ceux qui ne lisent pas forcément mon blog régulièrement que j’ai entrepris de lire tous les romans d’Agatha Christie dans l’ordre chronologique d’écriture. Je n’ai pas encore fait de billets sur Mr BrownLe crime du golf et L’homme au complet marron car je les ai lus en 2015 et que j’essaye déjà de tenir à jour les billets portant sur mes lectures de 2016.

Même si ce livre n’est pas une suite de L’homme au complet marron, il est amusant de voir qu’Agatha Christie le fait débuter dans le Bulawayo, devant la tombe de Rhodes, là où a eu lieu une scène du livre précédent. Un aventurier, Anthony Cade, y retrouve l’un de ses amis qui lui confie une mission qui semble assez simple de prime abord : déposer à Londres les mémoires d’un ancien dignitaire herzoslovaque. De plus, il doit aussi rendre un paquet de lettres compromettantes à une certaine  Virginia Revel. Anthony accepte cette mission mais celle-ci se révèle bien plus périlleuse que prévu. Dès son arrivée, on tente de lui dérober le manuscrit et les lettres. Tout semble désigner la demeure de Chimneys, où Anthony se retrouve suite à des événements rocambolesques, comme un lieu où il pourrait découvrir des informations. Mais dès qu’il arrive un meurtre est commis : le prince de Herzoslovaquie a été assassiné. Le superintendant Battle est appelé sur les lieux pour enquêter.

Parmi les premiers ouvrages d’Agatha Christie, c’est celui que, pour l’instant, j’ai le moins apprécié. J’ai trouvé quelques passages sympathiques mais je lui ai trouvé aussi quelques longueurs. Je n’ai pas vraiment été intéressée par une partie de l’intrigue : le diamant le plus célèbre au monde – le Koh i Noor  qui se trouve quand même à la Tour de Londres– aurait disparu à Chimneys ce qui me semble très peu crédible. J’ai trouvé que certains ressorts étaient un peu répétitifs comme les personnages qui se font passer pour d’autres qu’ils ne sont pas sans que personne ne les soupçonne et je me doutais bien de qui était le futur héritier du trône. Je ne suis pas particulièrement fan de ces criminels « master mind », ces cerveaux  qui sont responsables de multiples crimes dans différents pays et qui semblent insaisissables. C’est le cas dans deux autres des romans précédents de l’auteur et je ne trouve pas cela très crédible (une fois je veux bien, mais qu’il y en ait autant qui se baladent de par le monde, cela fait beaucoup). J’espère que ces motifs ne se répéteront pas trop souvent dans ses ouvrages.

J’aurais préféré voir l’action se dérouler  en Herzoslovaquie plutôt que dans un manoir anglais, surtout vu les réflexions de deux des personnages principaux à la fin sur leur vision de la politique herzoslovaque.

Toutefois, certains personnages sont sympathiques comme Lord Caterham (qui ressemble à d’autres politiciens croisés dans l’œuvre d’Agatha Christie) qui est incapable de prendre une seule décision et qui s’en remet totalement son homme de main. Sa fille Bundle est aussi très sympathique. Le côté hyper flegmatique du superintendant Battle est aussi très appréciable. D’après ce que j’ai pu comprendre, on les retrouvera dans Les 7 cadrans.

Le prochain livre sur ma liste est le meurtre de Rodger Ackroyd mais je me suis stupidement spoliée en lisant le résumé du livre de Pierre Bayard qui lui est consacré. Entre-temps, j’ai déjà lu Loin de vous ce printemps et je pense lire rapidement L’If et la rose qui sont des romans d’Agatha Christie publiée sous le nom sous le pseudonyme de Mary Westmacott.


J’ai aussi regardé le téléfilm adapté de ce roman car il est passé récemment sur France 3. Que dire ? Il n’y a vraiment rien à sauver au niveau de la transposition. L’intrigue, l’époque, les protagonistes et le coupable sont totalement modifiés. Les dialogues sont à pleurer : après un accident l’un des personnages âgé d’une bonne vingtaine d’années s’exclame « Ne vous avisez pas de toucher à la bicyclette de maman ! ». A oublier. 

Participation au challenge A year in England 

et au mois du polar chez Sharon 



lundi 1 février 2016

Le bilan de janvier 2016


Voici mon petit bilan de janvier.

Ce mois-ci j'ai lu 8 romans et 1 OLNI (objet littéraire non identifié). J'ai indiqué des notes (sur 5)

Dans mon bilan de 2015, j'avais évoqué différentes choses que j'aimerais faire. Voyons où j'en suis. 
  • Bloguer davantage : Check !
Avec 9 billets en un mois, je dépasse allègrement mon rythme de l'an dernier puisque je n'avais publié que 7 billets de septembre à décembre ! 
J'ai aussi lu et commenté un peu plus vos blogs, même si je ne suis pas encore au rythme que j'ai pu connaître auparavant
  •  Recentrer mes lectures : Check ! 
J'avais eu tendance à privilégier des lectures un peu "faciles" en 2015, j'ai donc essayé de rectifier un peu le tir, tout en gardant des lectures distrayantes, parce que je ne peux pas m'en passer. 
J'ai eu 2 coups de coeur (pour le Zweig et le Mary Westmacott), ce qui est déjà autant que dans mon bilan de l'année 2015 ! 

  • Suivre ma liste de livres à lire absolument cette année : en cours 

J'en ai rayé 2 et je suis dans Adorable Sophy. 
  • Lire rapidement les livres que j'achète neufs : AB

Ce mois-ci j'ai quand même pas mal craqué au niveau de mes achats, la faute a un retour assez stressant au boulot qui fait que j'ai eu un peu plus de mal à résister aux nouveautés qui me tendaient les bras et aussi à une nouvelle routine avec mes amies (le vendredi, c'est tour dans une librairie). Mais bon, 3 livres ne sont restés que 24h dans ma PAL, J'en ai lu 4 autres et j'en ai 3 autres en cours (le Gibbons, le Fitzgerald et le Mantel), Même si j'aurais pu être plus raisonnable, j'ai quand même tenu ma résolution de n'acheter des livres que j'ai envie de lire tout de suite. A part le Bruccoli et le Tomkins (que j'ai acheté car il restait peu d'exemplaires disponibles), je pense que j'aurai lu tous les autres en février. 

  • Lancer un nouveau challenge avec Titine : Check !
Le challenge Tudors est en cours. J'ai lu le premier tome de Wolf Hall (billet mercredi), j'espère finir le deuxième tome pour jeudi et je vous rappelle qu'il y aura un billet commun sur la série le 5 février (la série a été diffusée sur Arte). 

  • Poursuivre mon challenge L'art dans tous ses états : A revoir 
Je n'ai lu aucun livre en rapport avec ce challenge ce mois-ci, je vais essayer de me rattraper avec un tout petit livre (Le rendez-vous de Venise de Philippe Beaussant). 

  • Ecrire un billet sur toutes mes lectures : en cours
C'est le défi que je me suis lancée cette année. Pour l'instant, il n'y a que 3 billets sur mes lectures de 2016, mais celui du secret de Chimneys est écrit et sera sans doute en ligne demain, celui de Wolf Hall est presque finalisé et sera en ligne mercredi, celui de Loin de vous ce printemps est écrit à 50 % donc je pense que c'est encore possible. 


Les prochains rendez-vous sur le blog : 
  • le 5 février avec un billet sur la série Wolf Hall avec Titine
  • le 10 février avec une lecture commune de Tess avec Philisine, Tachas et Titine
  • le 28 février avec une lecture commune de Portrait d'une femme avec AnGee pour commémorer le centième anniversaire de la mort d'Henry James (si vous voulez nous rejoindre avec ce titre ou un autre, n'hésitez pas !) 
Joyeux mois de février à tous ! 

dimanche 31 janvier 2016

Une drôle de traversée d'Ernest Hemingway


J’ai lu Paris est une fête en décembre. Même si je n’ai pas encore pris le temps de faire un billet dessus, cette lecture m’a donné envie de découvrir les livres d’Hemingway sans pour autant m’attaquer tout de suite à ses œuvres les plus réputées. Mon choix s’est donc porté sur l’une de ses nouvelles. Elle a ensuite été transformée en roman, sous le titre En avoir ou pas, puis adaptée au cinéma par Howard Hawks sous le titre Le port de l’angoisse avec Humphrey Bogart (c'est un des rares classiques du cinéma américain de cette période que je n’ai pas vu). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai choisi de lire cet ouvrage. 

C’est clairement une drôle de traversée à laquelle nous convie Hemingway. Je pensais que la majorité de la nouvelle porterait sur la contrebande mais en fait non. L’action se déroule à Cuba en 1933 et commence par un violent règlement de comptes. Harry Morgan refuse de transporter des hommes hors de Cuba et ceux-ci se font exécuter sous ses yeux ce qui ne l’émeut pas particulièrement. Il reprend tranquillement son travail qui est d’emmener pêcher au grand large de riches clients. S’ensuivent quelques 30 pages sur la pêche qui, je l’avoue, ne m’ont pas grandement intéressée malgré toute la passion qu’Hemingway met dans ses descriptions.

Mais voilà que son client ne l’a pas payé et a quitté Cuba. Harry se voit donc contraint d’accepter l’offre d’un Chinois qui lui demande de se débarrasser de 12 clandestins en leur faisant croire qu’ils vont quitter l’île.

Le problème est qu’Harry n’est pas vraiment sympathique (et c’est un euphémisme). À aucun moment je n’ai pu m’attacher à son personnage qui déteste tout le monde (la façon dont il traite son second est tout bonnement odieuse, imaginant même un moment le tuer pour se débarrasser d’un problème). Il est raciste (les « nègres » sont fainéants, les « chinetoques» ne sont pas très intelligents) et à aucun moment on a l’impression de le voir confronté à un dilemme moral alors qu’on lui demande quand même de se débarrasser d’êtres humains. Il écoute sans ciller tout ce qu’on lui propose et accepte presque tout quand il se trouve à court d’argent. Même si au final, il va quand même réagir par rapport à la situation, je n’ai pas vraiment apprécié la façon dont il le fait.


Même si j’ai apprécié le style incisif d’Hemingway, le personnage principal et l’histoire sont beaucoup trop noirs pour moi. Je ne pense pas que je lirai un jour En avoir ou pas. L'histoire du  port de l'angoisse me semble quand même assez différente puisqu'elle est transposée en Martinique pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela m'intéressera sans doute plus. Sinon, je pense me tourner vers L'adieu aux armes et Pour qui sonne le glas

mardi 26 janvier 2016

Daphné et le duc de Julia Quinn (Les Bridgerton, Tome 1)


Comme je l’ai écrit avant-hier, je vais essayer de faire un billet sur toutes mes lectures de l’année. Ce n’est pas ma deuxième lecture de l’année, c’est ma quatrième, mais les autres billets me prennent un peu plus de temps (pour Les hommes préfèrent les blondes d’Anita Loos, j’ai envie de revoir le film ; pour Wolf Hall d’Hilary Mantel, c’est compliqué d’écrire un billet sur un pavé de 900 pages).

Après mes deux semaines passées à lire Wolf Hall, j’avais envie d’une lecture plus rapide. J’ai acheté Daphné et le duc samedi, je l’ai commencé dans la foulée, je l’ai terminé dimanche et nous voici donc mardi avec ce billet.

Ce livre est le premier tome d’une série (les Bridgerton) qui est l’une des plus réputées dans la catégorie romance historique. La série était épuisée, mais elle vient de ressortir aux Editions J’ai lu pour elle (les livres seront publiés au rythme d’un par mois). Pour l’instant, les séries de romance historique les plus appréciées m’ont déçue (les Carsington de Loretta Chase, les Wallflower de Lisa Kleypas, les Happily ever after d’Eloïsa James). En est-il de même de celui-ci ?

Eh bien, je dois malheureusement répondre que oui. Pour moi, elle se classe dans la catégorie des romances à faux problème. Je m’explique : évidemment tout le monde sait bien que dans les romances les héros termineront ensemble à la fin, mais que pour y arriver ils devront surmonter de nombreuses difficultés. Sauf que voilà, dans ce livre, la difficulté m’a semblé tellement infime qu’elle aurait pu être résolue en 4 pages et non pas en 400.

L'action se passe à Londres en 1813. Le héros, Simon, a eu de graves problèmes d’élocution dans son enfance. Il n’a commencé à parler qu’à quatre ans et encore, seulement en bégayant. Son père s’est comporté comme si son fils n’existait pas car il avait honte de lui. Simon a su surmonter toutes ses difficultés et a fait de brillantes études. Mais, il n’a jamais pardonné à son père de l’avoir rejeté. Il n’a parlé à aucun de ses amis des difficultés qu’il a pu connaître dans son enfance et il a décidé qu’il ne se marierait jamais.

Voici donc le grave problème auxquels sont confrontés nos héros. Simon refuse de se marier alors qu’il est amoureux de Daphné (qui en plus se trouve être la petite sœur de son meilleur ami). Elle va donc essayer de le convaincre par tous les moyens qu’il doit l’épouser alors qu’il refuse de lui dire pourquoi il ne veut pas. Quand elle réussit enfin à l’épouser, rebelote, il ne veut pas d’enfant et refuse de lui dire pourquoi, jusqu’à ce qu’elle le piège d’une façon plus que douteuse. Bref, l’intrigue tient sur un timbre-poste et tourne en rond. S’il n’y avait eu que ces personnages principaux, je pense que j’aurais reposé le livre.

Mais, comme souvent dans les séries au long cours, ce sont les personnages secondaires qui font tout le sel de l’histoire. Daphné appartient à une grande famille, les fameux Bridgerton, dont les membres sont tous plus sympathiques les uns que les autres. Les enfants ont tout un prénom qui correspond à l’ordre alphabétique : le premier s’appelle Anthony, le deuxième Benedict, le troisième Colin, la quatrième Daphné… Leur mère, Violet Bridgerton, est veuve et se retrouve seule avec huit enfants dont les quatre plus grands sont en âge de se marier. C’est donc sa préoccupation principale, ce qui donne des scènes assez réjouissantes (comme quand elle donne à chacun de ses enfants une liste de prétendants ou bien quand elle tente d’expliquer à Daphné ce qu’il va se passer au cours de sa nuit de noces). Le frère aîné de Daphné, Anthony, est le seul à ne pas m’avoir vraiment plu. J’ai trouvé ses réactions vraiment trop exagérées dès qu’il s’agit de Simon et de Daphné. J’ai beaucoup plus apprécié Colin qui est beaucoup plus espiègle. Les quatre petits derniers sont aussi fort sympathiques même s’ils n’apparaissent que très peu dans l’histoire.

Comme dans toute bonne romance Régence qui se respecte, il y a aussi une douairière qui dit tout ce qu’elle pense, surtout quand c’est un peu provocateur.

Chaque chapitre s’ouvre sur un article d’un journal à sensation écrit par une mystérieuse lady Whistledown dont personne ne connaît la véritable identité. Ces petites entrées sont sympathiques. 

Affirmer que les hommes sont des têtes de mule serait insultant. Pour les mules.

J’avoue que j’ai bien envie d’apprendre la véritable identité de cette chroniqueuse mondaine. Mais, cela n’est pas révélé dans le premier tome.

Même si je suis modérément enthousiaste, je pense que je redonnerai sa chance à un autre volume de cette série pour connaître l’évolution des personnages secondaires, mais j’attendrai de les trouver d’occasion.


dimanche 24 janvier 2016

Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig



J'ai décidé d'essayer de faire un billet sur tous les livres que je vais lire cette année. J'ai toujours tendance à laisser traîner mes avis, alors que pour la quasi totalité de mes lectures, j'ai pris des notes que je n'ai plus qu'à mettre en forme, mais je laisse passer le temps et au final je ne le fais pas. Donc je me lance le défi cette année d'essayer de laisser une trace plus ou moins longue pour chacune de mes lectures. 

Je commence donc par ma première lecture de l'année 2016. J'avais dit dans mon bilan que je voulais revenir vers les classiques que j'avais un peu laissé de côté en 2015. Stefan Zweig était sur ma liste, mais je n'avais pas encore choisi le titre que j'allais lire, vu que j'en ai plusieurs qui m'attendent dans ma PAL. Et puis le dvd de Lettre d'une inconnue de Max Ophuls s'est retrouvé en promo. Comme j'en avais entendu beaucoup de bien, je l'ai acheté et j'ai sorti le livre de ma PAL. 

Lettre d'une inconnue est une courte nouvelle de Zweig puisqu'elle fait seulement une cinquante de pages.
R. , un romancier viennois célèbre, reçoit une lettre le jour de son anniversaire. Il n'a aucune indication sur la personne qui l'a envoyée. Dès le début de sa lecture, il apprend que le fils de l'auteure de cette mystérieuse épître est mort et que s'il lit cette lettre, c'est qu'elle aussi est décédée. Il découvre alors qu'il a passé sa vie à côté de quelqu'un sans même s'en apercevoir. 

Cette lecture n’a pas été de tout repos. Cela a même été une véritable lutte car j’éprouvais un véritable sentiment de rejet envers le personnage féminin et en même temps, j’étais totalement fascinée par cette histoire. Tout de suite après ma lecture, j’ai écrit ce qui suit.

Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que c’est l’histoire d’une gamine qui tombe amoureuse d’un rêve.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que cette passion aveuglante me semble excessive.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce qu’elle oublie totalement de vivre en espérant des miettes d’attention.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que c’est l’histoire d’une « stalker » qui tombe amoureuse d’une star.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce qu’elle aime le héros « comme une esclave, comme un chien ».
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que tout le monde a déjà aimé sans retour et l’on s’en remet.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que c’est l’histoire d’une femme qui gâche sa vie.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer parce que l’héroïne trouve toutes les excuses du monde un homme qui n’en a aucune.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer mais cette histoire m’a bouleversée.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer mais la fin m’a serré le cœur.
Cette nouvelle je ne voulais pas l’aimer mais à la fin, c’est Zweig qui a gagné.

Au final, c’est donc un coup de cœur car il est quand même très rare de lire un livre qui vous laisse un tel sentiment de malaise et en même temps qui arrive à vous émouvoir. Je n’adhère pas aux sentiments de l’héroïne qui pour moi tiennent plus de la folie que de l’amour, mais j’ai aimé le côté jusqu’au-boutiste de l’ouvrage ; cette véritable descente aux enfers qui ne s’arrêtera qu’à sa mort (je rappelle qu’on le sait dès le début). Son personnage est fascinant car on peut d’ailleurs se demander si au final elle n’est pas cruelle et égoïste de n’avoir rien dit de son vivant.

Je reprocherais juste à mon édition (celle du livre de poche) d’avoir les pires notes de bas de page du monde (et pourtant j’aime ça) parce qu’elles sont très confuses. Par exemple, il est écrit que le directeur de l’Opéra rend visite au héros. 
Note de bas de page :
entre 1918 et 1924, c’est Richard Strauss, le grand compositeur qui, après la mort en 1929 de son librettiste d’élection, Hugo von Hofmannsthal, allait demander un livret à Zweig : La Femme silencieuse, d’après Ben Johnson, opéra qui fut créé à Dresde en 1936 (et en l’absence de Zweig, alors en exil à Londres). Curieuse péripétie musicalo-politique de la machine nazie…
Résultat, on ne comprend même pas qui est le directeur de l’opéra, les dates sont totalement anachroniques étant donné que la nouvelle a été publiée en 1922 et en plus, on assimile le narrateur de la nouvelle à Stefan Zweig, ce qui m’a beaucoup perturbée, surtout que cela est fait à plusieurs reprises.

Je relirai sans aucun doute ce texte un jour, surtout que je pense que nos réactions doivent évoluer selon le moment où on le lit. Par contre, je ne suis pas sûre de regarder tout de suite l’adaptation, parce qu’elle est forcément différente de la nouvelle et j’ai envie de rester encore un peu avec mes souvenirs du livre.