mercredi 30 mai 2012

Sans âme de Gail Carriger

Lecture commune avec Miss Léo 


Avant-propos : Amie blogueuse [je cherche toujours l'avis d'un ami blogueur, donc en attendant, je parle aux femmes présentes] qui a aimé, adoré Sans âme, qui voue un culte à Mademoiselle Alexia Tarabotti, à Lord Maccon, à Lord Akeldama et tous les autres, je te conseille de ne pas aller plus loin. Même si je ne vais pas être trop méchante avec l'un de tes livres préférés, je ne vais pas être hyper-enthousiaste. Sans âme n'a pas bouleversé ma vie, je n'ai pas envie de me précipiter sur la suite. Je la lirai, mais seulement quand elle sortira en poche dans un an et ce sera bien assez tôt. J'ai lu ce livre sans déplaisir, mais je ne peux pas vraiment dire avec plaisir non plus.  Donc amie blogueuse, te voilà prévenue, ne te sens pas du tout obligée de lire cette chronique...

Mon avis : Quand j'ai vu que Miss Léo avait commencé Sans âme, j'ai sauté sur l'occasion et je lui ai proposé une LC improvisée, puisque moi aussi, j'avais très envie de découvrir ce titre. J'avais parcouru les billets sur ce livre, mais je ne les avais pas vraiment lus pour éviter de me spoiler. J'en savais 2-3 choses que je vais reprendre pour construire ce billet. Et vous pouvez le lire tranquillement, il n'y a pas de spoilers.

  • C'est de la bit-lit.
En effet, Gail Carriger a construit un univers cohérent où loups-garous et vampires cohabitent sans souci avec les humains dans l'Angleterre victorienne (certains étant même les conseillers spéciaux de la reine). Elle a développé toute une mythologie avec des chefs de clans, des meutes, des ruches, des humains qui leur sont très liés (drones, porte-clef). Ils sont tellement intégrés à la société qu'on les considère presque comme des êtres normaux [si tant est qu'on puisse parler de normalité devant un homme qui se transforme en loup-garou]. Là-dessus, vient se greffer une sorte d'administration pour gérer les êtres surnaturels. Et enfin, il y a Mademoiselle Alexia Tarabotti qui est une paranaturelle, qui n'a pas d'âme, chose extrêmement rare dans cet univers. Si j'ai parfois eu du mal à suivre, c'était plus dû à mon manque de fraîcheur intellectuelle qu'au manque de cohérence de l'ensemble.

  • C'est du steampunk 
Si vous lisez mon blog depuis quelque temps, vous savez que j'ai cherché à mieux comprendre ce qu'était le steampunk. Sans âme étant réputé comme le roman steampunk à lire ces derniers temps, j’espérais bien pouvoir mieux comprendre ce genre littéraire. Je dois dire que cela ne m'a pas particulièrement aidé. Je n'ai pas trouvé que l'auteure tirait vraiment parti de cet univers industriel. Il y a bien quelques automates qui se baladent, mais rien de très transcendant. Et surtout, cela n'arrive que dans la deuxième partie du roman. J'avais nettement préféré l'univers steampunk crée par Kady Cross dans sa nouvelle [oui, je sais ce que j'écris, même traduite comme un pied, j'ai trouvé cette nouvelle beaucoup plus intéressante au niveau de la mise en place d'un univers industriel rétro-futuriste, j'ai d'ailleurs commandé le livre en anglais et je vous en reparlerai].

  • Ce n'est pas pour l'intrigue qu'on lit Sans âme...

C'est clair, j'étais prévenue, ce n'est pas cela qui fait le succès du livre. Je ne peux que le confirmer. Dans les 100 premières pages, l'intrigue est poussive. On ne sait pas trop où l'auteure veut nous emmener. Ensuite, les choses s’accélèrent, mais la résolution de l'ensemble reste d'un grand classicisme (au niveau des raisons pour lesquelles les méchants ont agi). J'ai eu surtout l'impression qu'on aurait à peu près pu coller cette intrigue à n'importe quelle période du XXe siècle et que l'époque victorienne ne servait qu'à donner un petit côté exotique [surtout qu'elle est très à la mode en ce moment]. Ce n'était qu'un décor, elle n'a jamais vraiment pris corps à mes yeux. En même temps, ce n'est pas pour les descriptions historiques qu'on lit ce genre de livre.

  • ....c'est pour ses personnages originaux 
[c'est là où il faut vraiment vraiment partir si vous êtes toujours là]. Alexia Tarabotti est une vielle fille un peu autoritaire, pas très jolie selon les canons de l'époque, qui a la langue bien pendue notamment face au séduisant monsieur qui ne fait que de se disputer avec elle. De plus, elle a comme arme favorite une ombrelle. Je pourrais continuer les points de comparaison avec Amelia Peabody mais je vais m'arrêter là. Lord Maccon a lui aussi tout un nombre de points communs avec Emerson, notamment la désorganisation et une certaine tendance à se retrouver nu (même si pour Emerson c'est plus souvent seulement une question de chemise). Je ne dis pas que Gail Carriger a copié sur Elizabeth Peters, je ne sais même pas si elle a lu ses livres [j'ai tenté de chercher sur internet mais vu les innombrables références à Gail Carriger, j'ai vite renoncé devant l'ampleur de la tâche] et là n'est pas la question. Qu'elle s'en soit inspirée, qu'elle lui ait rendue hommage pourquoi pas. Mais quand on me parle d'originalité...Cela fait 15 à 18 ans que je lis les aventures de la famille Emerson. Un crocodile sur un banc de sable est paru en 1975. Donc que ce soit une coïncidence, un hommage, voire un pastiche, oui. Que ce ne soit pas déplaisant à lire, certes. Que les personnages soient originaux, NON.

  • ce que je n'avais pas lu sur les blogs (peut être par ma faute, mais depuis j'ai relu un certain nombre de billets et je n'en ai pas vu souvent la mention), mais que j'aurais aimé savoir
C'est que Sans âme est une romance. Une romance où les personnages passent leur temps à se désirer, à se repousser, à se méprendre sur leurs intentions, à se frotter diverses parties du corps, à penser même au plus fort de l'action à  leurs futurs ébats (déjà que l'action est poussive, ça vient encore la ralentir ), à se retrouver dans des positions inconvenantes de manière très peu vêtue. Et franchement, cela occupe un bon tiers de l'intrigue. Et cela m'a un peu fatigué. Parce que je sortais d'une romance sans doute et que je n'aime pas enchaîner 2 lectures du même genre. Parce que j'en attendais plus de l'univers steampunk aussi. De plus, l'auteure nous prive de la première rencontre entre les personnages. C'est original donc pourquoi pas. Mais, elle passe son temps à faire des allusions à cette première rencontre, sans jamais rien expliciter et au bout d'un moment ça lasse. Je suppose qu'elle doit l'expliquer dans l'un des tomes suivants. Mais, j'aurais aimé le savoir tout de suite. Ou alors qu'elle n'y fasse pas allusion toutes les 30 pages.

  • en bonus : la petite blaguounette de l'éditeur sur la 4e de couverture 

"Empruntant aussi bien à Jane Austen qu'à Charlaine Harris..."

Ce n'est évidemment pas pour cela que je l'ai acheté, mais qu'est-ce que c'est drôle ! Alors, Charlaine Harris, je veux bien, d'autant que je n'ai jamais été capable de terminer un seul de ses livres (oui je parle bien des différents True Blood) [Au cas où vous demanderiez, j'aime bien la série Anita Blake, niveau bit-lit]. Mais Jane Austen ! Mouahahah. Je me roule par terre de rire et je reviens.

En quelques mots : une bit-lit romance avec un arrière fond steampunk, une intrigue et des personnages peu étonnants. Mais, comme vous le savez, tout le monde trouve cela culte, donc faites-vous votre propre avis ! Et allez lire celui de ma copinaute Miss Léo (je ne vous dis rien, vous aurez la surprise, mais si vous nous connaissez, vous devez deviner) !




Ma 6e participation au challenge victorien d'Aymeline

lundi 28 mai 2012

La double disparition (les enquêtes d'Enola Holmes tome 1) de Nancy Springer

Lecture commune avec Manu et Syl.

Résumé de l'éditeur : Ma mère m'a appelé Enola, qui, à l'envers, se lit alone, "seule" en anglais. Et lorsque Mère disparaît, le matin de mon quatorzième anniversaire, c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée. Appelés à l'aide, mes frères Mycroft et Sherlock Holmes - oui, le célèbre détective - n'avaient en fait qu'une idée en tête : m'envoyer en pension pour faire de moi une lady. Mais, me refusant à accepter ce sort, je décidai plutôt de prendre mon destin en main et de me lancer, seule, à la recherche de ma mère.

Mon avis : J'ai eu un peu de difficultés à entrer dans le livre, mais cela devient plaisant dès que Mycroft et Sherlock entrent en scène [attention, toutefois, ce sont des personnages secondaires dans le livre].
Enola Holmes est un personnage sympathique. Elle n'est pas suprêmement intelligente (ce n'est qu'une femme comme dirait ses frères), mais elle est débrouillarde (j'ai adoré la façon dont elle utilise son corset et ses déguisements). C'est une héroïne qui n'est pas infaillible et c'est assez rafraîchissant. Elle est parfois naïve et peut tomber dans des pièges un peu grossiers.
 L'intrigue de ce premier volume part dans plusieurs directions. La première est consacrée à la disparition de la mère, la deuxième est centrée sur celle d'Enola et dans la troisième partie un autre personnage s'évanouit à son tour dans la nature [on remarquera donc toute la subtilité du titre double disparition]. Mais l'auteure nous apporte quasiment toutes les réponses, sauf pour la disparition de la mère qui semble être le fil rouge de la série.
J'ai aimé la description des bas-fonds du Londres victorien [encore et toujours] où l'on croise des kidnappeurs d'enfant à chaque coin de rue. Cela fait d'ailleurs réaliser à Enola qu'elle a peut-être eu une enfance protégée.
Il y a quand même quelques points qui m'ont fait lever un sourcil. D'abord, Enola, à 14 ans, dame tout le temps le pion à Sherlock, alors que dans certaines situations, elle ne fait pas montre d'une grande perspicacité. Ensuite, elle se promène sans souci seule pendant quasiment tout le roman et traverse une grande partie de l'Angleterre sans rencontrer aucun problème. Et puis, au sujet des messages codés qu'elle décrypte, le premier m'a semblé d'une simplicité enfantine [quelque part, c'est rassurant, vu que ce livre s'adresse des enfants de 12 ans]. Mais, ensuite, le langage des fleurs est utilisé [et le langage des fleurs et moi, ça fait 50] et donc les messages deviennent quasiment indéchiffrables et un peu répétitifs. Enfin, j'ai quand même beaucoup de mal à supporter le personnage de la mère qui a abandonné sa fille sans aucune explication.

En quelques mots : Ne boudons pas notre plaisir, même si ce n'est pas un livre inoubliable, c'est assez divertissant et bien sympathique (j'ai d'ailleurs déjà lu le tome 2!).

Je file voir les billets de Manu et de Syl.

Vous pouvez aussi aller voir les billets de celles qui nous rejoindront sans doute dans l'aventure :  Alice et Catherine




Ce billet marque ma première participation à la SSHD




et ma ènième participation au challenge victorien d'Aymeline.

dimanche 27 mai 2012

Je souffre de Lecture communite aiguë (1)

Vous le savez depuis longtemps [c'est-à-dire évidemment moins de 2 mois], je souffre de challengite aiguë. Mais, un nouveau mal (qui fait du bien) vient s'ajouter à celui-là : la lecture commune. Je me suis inscrite à un certain nombre et même un nombre certain de LC et j'avais besoin de faire le point. Sachant toutefois que les LC auxquelles je participe sont toutes des LC où j'avais de toute manière décidée de lire le livre incessamment sous peu [l'occasion faisant le larron].
Où l'on remarque l'édition top vintage des Hauts...trouvée chez mes parents :-)


Il y a celles que j'ai déjà faites : DD avec Alice, Sans âme avec MissLéo (billets mercredi), Jane (coeur à prendre) Jones avec Alice, celle du tome 1 des aventures d'Enola Holmes (billets demain) avec Syl et Manu. Et puis, il y a celles à venir...

La prochaine LC [dont on n'arrête déjà pas de parler sur facebook, alors qu'elle ne débutera que la semaine prochaine, le temps que le livre arrive chez moi] est une LC à 3 avec Pimpi et Alice [la 3e étant moi au cas où vous auriez mal dormi ou soyez pris d'une envie subite de faire la sieste]. Nous sommes excitées comme des puces, vu qu'il s'agit de la LC de The secret History of the Pink Carnation de Lauren Willig, qui n'est rien d'autre que l'un des livres préférés de Pimpi. Aimerons-nous ? Survivra-t-elle à notre avis ???? Et avant que tout le monde suppute, c'était mon idée, pas celle de Pimpi...

Pendant le mois de juin a des dates encore indéterminées, je vais lire les Hauts de Hurle-vent d'Emily Brontë. Je comptais le lire pour le mois Brontë du challenge victorien, mais j'ai complètement raté mon coup. Comme Aymeline veut le lire aussi, on le lira ensemble, un jour de juin. Je ne l'ai jamais lu, j'ai hâte ! Vais-je tomber moi aussi sous le charme de cette histoire ????
Suite à un sympathique délire sur facebook, Alice, Aymeline et moi devons aussi lire un livre de Marc Lévy. Le problème est que c'est super dur à trouver à la bibliothèque, ils sont tous pris ! Donc nous verrons selon nos découvertes. Allons nous devenir des Lévytes-addictes???
Enfin, nous continuerons la lecture des aventures de Monk (3e tome) avec Syl, Adalana et toutes celles qui voudront et qui nous rattraperont ! Là, il y a 0 suspense, je les ai déjà lus et j'adore les relire !


Les hasards de la vie étant ce qu'ils sont, je discutais de Maupassant avec Maggie après son très bel article. Je lui disais que j'avais difficilement survécu à la lecture d'Une Vie au lycée [alors que j'avais adoré Mme Bovary et la Curée par exemple, pour que l'on n'ait pas l'impression que j'étais totalement cruche à cette époque. J'ai d'ailleurs l'ambition de lire un jour tous les Rougon-Macquart (rien que çà, l'espoir fait vivre, ça me rappelle que j'ai vu un challenge à ce sujet, il faut que je m'y inscrive)], mais qu'il fallait que je retente l'expérience. Là-dessus, Adalana propose une LC de Bel-Ami pour le 27 juin, jour de la sortie du film avec Edwaaaaaaaaaaard Cullen, pardon Robert Pattinson  [qui personnellement me laisse de glace, mais j'ai bien envie de voir ce qu'il donne dans un rôle classique, sans scintiller de partout]. Je pense que l'histoire de Bel-Ami m'intéressera plus que celle d'Une Vie [et que celle de Twilight, quoique qu'est-ce que j'ai pu rigoler avec le tome 4 !]. Vais-je succomber à Maupassant ???? [ou à défaut à Robert ? sait-on jamais! ]. En plus, il y a un logo qui est trop beau. Et vous pouvez nous rejoindre ici.



Ensuite, pour le 30 juin, ce sera La couleur des sentiments de Kathryn Stockett. J'ai manqué le film à mon grand regret, j'attendais que le livre sorte en poche, mais il est à ma bibliothèque donc je suis bien contente de participer à cette LC organisée par Philisine Cave avec Une Comète, Hélène Choco, Adalana, Evalire et si vous souhaitez nous rejoindre c'est ici ! Vais-je être séduite par cette histoire comme des milliers de lecteurs ???

Pour le 15 juillet, c'est Sofi Oksanen qui est à l'honneur avec Les vaches de Staline. J'avais manqué la LC de Purge et j'ai trouvé Les vaches de Staline à ma bibliothèque avant de découvrir la LC. Je vais commencer ma lecture cette semaine par contre, parce que je dois le rendre bientôt. LC organisée par Philisine Cave avec Adalana, MissLéo, Sharon, Une Comète, Zazy, Hélène Choco et si vous souhaitez nous rejoindre c'est ici ! Vais-je moi aussi succomber à la plume d'Oksanen ??

Pour  le 25 juillet, jour de la sortie du film, je vais lire Jane Eyre de Charlotte Brontë. Je l'ai acheté peu de temps avant la LC. J'ai repoussé ma lecture devant sa taille. Les vacances seront un bon moment pour découvrir cette oeuvre (je ne l'ai pas lue non plus!!!). C'est aussi chez Adalana et vous pouvez toujours nous rejoindre ici ! Et encore un joli logo ! Vais-je préférer Charlotte à Emily ???? [ou aucune des 2 ?].

Et last but not least. Vous vous souvenez de DD??? Eh bien, à peine fini, on a déjà prévu une LC de Middlemarch. Une promenade de santé puisqu'il ne fait que 800 pages. Enfin, on prévoit quand même tout l'été pour le lire à notre rythme surtout que tout le monde ne sera pas en vacances au même moment. Donc sans doute, des billets pour la rentrée. Avec MissLéo, Jeneen et Mrs Figg. N'hésitez pas à nous rejoindre !!! Vais-je survivre à ma deuxième rencontre avec George Eliot??? 

Adalana, je me rends compte qu'on a quasiment toutes ces LC en commun :-) Et je suis déjà partante pour la LC de Gatsby et celle d'Anna Karénine en vue des sorties de films. Je sais tu ne les as pas prévues encore, mais tu allais le faire sans aucun doute ;-)  !


Et question finale : vais-je tenir tous mes engagements???????????????? Vous aurez déjà un bilan fin juin et sinon ce sera à la fin de l'été !

Jane (coeur à prendre) Jones de Joan Reeves

Résumé de l'éditeur : Jane Jones, brillante styliste reconnue à New York, revient dans sa petite ville natale de Vernon, en Louisiane, pour la fête des dix ans du lycée. Il a fallu que sa meilleure amie la supplie de venir y assister. Jane n’a aucune envie de se retrouver nez à nez avec un certain ancien élève, qu’elle a aimé et qui lui a brisé le cœur… Malheureusement, il est là, et le geek à lunettes dont Jane se souvient si bien est devenu un séduisant millionnaire. Il ne manque plus qu’un malentendu pour rendre la situation explosive.


Avant-propos : J'étais très excitée à l'idée du lancement de la collection Milady Romance [on s'excite avec ce qu'on peut] à tel point que je suis allée acheter dès le lendemain de leur sortie Jane Jones et Coeur Rebelle. Comme Alice allait aussi lire J J, nous nous sommes lancées dans une lecture commune.

Mon avis : Alors, déjà on sent que le titre a été imposé par l'éditeur d'origine (pas par Milady, qui a traduit exactement le titre américain). Au début, l'héroïne passe tout le premier chapitre à s'énerver de ce que sa meilleure amie a écrit sur son badge et on sent bien que l'auteure en avait fait un ressort comique. Mais, du coup, on le sait depuis le début et ce n'est plus drôle.
Même s'il se lit facilement, le livre laisse quand même un goût d'inachevé. Déjà, le livre est très court. Alice et moi l'avons lu en une soirée. Donc, forcément, l'auteure n'a pas le temps de développer certains de ses personnages. J'ai été séduite par les grands-mères du livre [dans un livre de chick-lit, c'est un peu le comble !]. Elles sont dynamiques et drôles. Et il y a une jolie idée autour d'une des grands-mères qui continue à conduire. Les parents de Jane sont aussi sympathiques, notamment son père (qui à la fin, va être le responsable de ma scène préférée du livre). Par contre, pour les amis de Jane, on tombe vite dans le stéréotype : le couple parfait, la nymphomane, la workaholic, l'homme qui a connu un chagrin d'amour...tous les clichés du genre y passe. Et puis alors tout se finit bien mais jusqu'à l'overdose [et pourtant, on peut m'en faire avaler de la guimauve, mais là, j'ai frôlé l'indigestion].
Quant aux héros, il n'y a pas eu assez d'obstacles à mon goût, ils se retrouvent trop vite. Il y a quelques quiproquos, dû notamment au fait que le héros passe son temps à surprendre des conversations de Jane, mais rien de très original. Au milieu du livre, on avait déjà trouvé qui était responsable de leur rupture. Et puis quand même, il y a la scène qui m'a fait bondir de mon siège. Un personnage fait l'amour avec un autre. [Déjà, pour moi, dans la chick-lit, on se regarde dans les yeux, on se prend la main, on glousse bêtement, on va au lit et on se réveille le lendemain matin en disant qu'on a passé la meilleure nuit de sa vie. On passe sur les détails scabreux. Eh bien, là, non. Pourquoi pas.] Mais, le monsieur, au moment d"honorer la dame sous la douche se rend compte qu'il n'a pas mis de préservatif et qu'il n'a pas pu se retenir. Et que dit-il ? "Merde". Oyez, oyez, braves gens, le romantisme est mort ! Terminez enfin par une morale bien puritaine où si jamais on est enceinte, on doit se marier et le livre vous laissera un arrière-goût un peu amer dans la bouche.

En quelques mots : sur le coup, je m'étais laissée porter par l'histoire. Mais, en y repensant, je lui trouve quand même beaucoup de défauts. Ca peut être une lecture, cet été, pour se vider la tête, mais il faut quand même être fan de chick-lit. Sinon passez votre chemin. J'espère que Coeur Rebelle sera meilleur !

Allez voir l'avis d'Alice qui est un peu plus positive que moi !

samedi 26 mai 2012

Je souffre de challengite aiguë (13) : la SSHD ou Société Sherlock Holmes des Dilettantes

Ce n'est pas à proprement parler un challenge, mais c'est un moyen de lire beaucoup de livres autour de Sherlock Holmes...

La SSHD, késako ?
Une société pour le moment uniquement présente sur internet et plus particulièrement les blogs ; les sites internet qui seraient intéressés sont bien sûr les bienvenus. Une société au service du Maître et à promouvoir son image dans le monde entier (on prendra son contrôle et établirons une dictature plus tard).

Comment ? En organisant une sorte de challenge perpétuel. Pas de limite de temps, ni de liste fixe de livres à lire. Aucune contrainte sauf qu'à chaque publication de billets holmésiens (donc en rapport de près ou de loin avec Sherlock Holmes) ((pastiches, canon original de Conan Doyle, BD, films, séries)) il faudra apposer le logo de la Société 



Voilà, vous pouvez retrouver toutes les informations sur la page facebook de la SSHD, ainsi que des bilans mensuels chez les 3 fondatrices : 

Pour ma part, ma rencontre avec Sherlock Holmes est très récente. J'ai déjà été intriguée par le personnage de Conan Doyle en lisant les livres de Gyles Brandreth. Mais ce qui a révolutionné ma vie (carrément), c'est évidemment la découverte de la série Sherlock.
J'ai donc décidé, il n'y a pas très longtemps, de lire Une étude en rouge et j'ai adoré ! Donc je compte bien découvrir tout le reste du canon holmésien. Mais, aussi découvrir d'autres ouvrages qui lui sont liés (par exemple, je viens de lire le début des aventures d'Enola Holmes). Et évidemment voir, revoir et revoir la série Sherlock (et pourquoi pas d'autres adaptations). 

jeudi 24 mai 2012

Troubles intentions d'Elizabeth Hoyt

Résumé de l'éditeur : Au coeur du sordide quartier de Saint-Giles, Tempérance se bat pour la survie de son orphelinat. Les caisses sont vides et ses petits protégés menacés d'expulsion. C'est alors que l'énigmatique lord Caire lui propose un échange de bons procédés. Il est sur la piste d'un tueur. Si elle accepte d'être son guide dans les bas-fonds de la ville, il l'introduira dans la haute société où gravitent de riches donateurs. La jeune femme va ainsi passer de la misère la plus noire aux riches salons londoniens, en compagnie de cet homme dévoré par d'indicibles secrets, qui, au fil des jours, éveille en elle une passion interdite...


Avant-propos (ou 36 15 code je raconte ma vie) : Je suis comme Elizabeth Bennet [rien que ca!], je suis pleine de préjugés. Et j'en avais à foison sur la romance, qui me semblait être un sous-genre littéraire pour demoiselles en mal de sensations [dit celle qui se vautre dans la chick-lit dès qu'elle le peut]. Oui, mais voilà, depuis que je me suis mise à traîner [à passer ma vie] sur les blogs, je suis intriguée. Car, parmi mes blogs préférés, il y en a un certain nombre qui parle de romances. Et qui en parle bien [pour ne pas les citer In need of Prince Charming, I don't think so, Marque ta page, Trésors de livres et les lectures de Cécile quand elle se penche sur la romance- ah ses bref sur les Lisa Kleypas !] Pour ne pas mourir idiote, j'ai décidé de me lancer...

Mon avis (ou comment Elizabeth Hoyt a vaincu tous mes préjugés sur la romance) :

  • préjugé n°1 : dans les romances, il n'y a pas d'histoire, ou plus exactement, c'est toujours la même histoire.
Certes, Elizabeth Hoyt respecte quand même la règle n°1 (énoooooorme spoiler : le héros finit avec l'héroïne!!!). Mais pour en arriver là, on ne s'ennuie pas du tout. Je n'irais pas jusqu'à dire que le contexte historique est cohérent, mais il n'y a pas d'incohérences majeures. Si vous avez déjà lu certains de mes billets, vous savez que j'ai une prédilection pour les descriptions des bas-fonds glauquissimes de Londres. Eh bien, ici, j'ai été servi. Ce n'est pas du Anne Perry, mais l'auteur nous décrit tout de même plutôt bien la noirceur du quartier Saint-Giles et le côté sordide de la prostitution.
Plusieurs intrigues s'entremêlent. Il y a notamment une enquête menée par Lord Caire sur le meurtre d'une prostituée. Même si la résolution m'a semblé un peu évidente, ce n'était pas désagréable de le voir tenter de résoudre cette énigme. Et puis, il y a la description de la vie du si charmant orphelinat de la famille Makepeace, tenu par Temperance et par son frère Winter et hérité de leur père. Ils essayent tant bien que mal de ne pas le fermer et sont presque prêts à tout pour cela. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas Lord Caire qui va les sauver...
Et puis, Elizabeth Hoyt réussit à créer du suspense là où l'on ne devrait avoir aucun doute. J'ai lu à une vitesse folle les dernières pages en me posant une question existentielle [Il va pas mourir hein? hein? c'est pas possible???] Et un livre qui vous rend votre naïveté pour quelques heures [surtout à une grande cynique comme moi] franchement, c'est que du bonheur.
Enfin, il y a quand même un justicier masqué habillé en Arlequin, qui malgré le côté ridicule de son costume, est bien intrigant. Franchement, j'aimerais bien savoir qui il est.

  • préjugé n°2 : l'héroïne est toujours une vierge effarouchée qui découvre subitement l'amour.
Eh bien là, non. Déjà, l'héroïne est veuve. Et elle n'est plus vierge (parce que d'après ce que j'ai compris, ca existe des veuves vierges dans l'univers de la romance). Au contraire, la demoiselle (elle n'a quand même que 28 ans) est secouée par des "pulsions", des "démons intérieurs" (comprenez elle aime le sexe, mais personne ne lui a dit que ce n'était pas interdit, ce qui est un peu normal vu l'époque à laquelle elle vit). Evidemment, comme dans toute fiction écrite par une américaine, elle a été punie par où elle a péché ( comprenez elle a couché avec quelqu'un donc quelqu'un est mort, c'est le cliché puritain n°1 [que je déteste!!!] surtout que ca ne marche que pour les femmes). Mais, ce que j'ai apprécié, c'est que Lord Caire a le bon goût de lui dire qu'elle est bête de penser çà (et ça c'est vraiment rare). 

  • préjugé n°3 : le héros est toujours une espèce d'homme idéal (et/ou un grand débauché qui va trouver la rédemption auprès d'une jeune vierge), qui n'existe jamais dans la vraie vie [par opposition évidemment à la fausse vie que tout le monde connait]  
Alors, certes il est lord. Mais, on ne peut pas vraiment dire que ce soit l'homme idéal. On ne peut pas vraiment dire que ce soit un grand débauché puisqu'il a sa prostituée régulière. Ce qu'il lui faut bien parce que Lord Caire n'aime pas qu'on le touche (!). Et là où le livre est quand même bien construit, c'est qu'Elizabeth Hoyt va trouver une solution "logique" pour qu'il puisse copuler tranquillement (parce qu'évidemment il ne fait pas l'amooooooooour avant de rencontrer la femme de sa vie). Et donc cela engendre une pratique sexuelle un peu spéciale [je ne vous dis rien, je préfère laisser votre esprit gamberger].
Mais malgré cela, je suis tombée sous le charme de lord Caire. Evidemment, il est beau, grand et fort et arrive à tuer ses ennemis d'un coup de canne [il a une épée dedans, mais quand même]. De plus, il traduit Catulle pour son plaisir [personnellement cette seule raison me suffirait amplement pour me jeter sur lui].  Il assume totalement qui il est. Il ne prend pas de gants pour avouer ses fantasmes. Il n'utilise pas de périphrases ridicules. [Ce qui prouve bien qu'il en a dans le pantalon si tant est que l'on pouvait en douter à un seul moment vu les descriptions plutôt détaillées de son équipement]. Mais, bon quand même, il a des problèmes relationnels avec sa maman et même avec son papa (mais il ne peut plus rien y faire car celui-ci est mort) [psychologie de bas étage : on peut supposer que c'est pour cela qu'il veut que personne ne le touche]. Evidemment, sa mère apparaît être une femme méchante et le traite mal [donc on a bien envie de le consoler]. Ah oui, et puis il revendique ne ressentir aucune émotion [si avec ca, vous n'avez pas envie de vous jeter sur lui pour lui en faire ressentir]

  • préjugé n°4 : il y a quelques scènes de sexe, qui ne feraient détourner les yeux qu'à ma grand-mère. C'est plein de membres tumescents qui mènent évidemment toujours la demoiselle (passive) à l'extase. 
Disons-le clairement, ce n'est pas ma grand-mère qui rougissait comme une idiote, en poussant des "oh la la" et en gloussant bêtement, c'était bien moi. Au début, cela commence gentiment. On apprend que mordre dans une tartelette aux prunes, c'est érotique [par contre, l'auteur ne dit rien au sujet des tartes]. On découvre qu'évoquer le drame de la prostitution infantile est un bon sujet de conversation pour donner à un homme l'envie de vous embrasser [je note, je testerai, j'ai quand même peu d'espoirs sur le résultat. Déjà, il va falloir que je réussisse à caser le sujet dans une conversation, c'est pas gagné]. Mais, rapidement, on plonge dans une partie beaucoup plus "hot" (ça commence quand même par une scène de voyeurisme dans une maison de plaisirs). Et puis, Temperance est très loin d'être passive (au contraire, c'est une sacrée coquine). Et lord Caire a un certain don pour vous attirer à lui, vous plaquer contre le mur et vous faire palpiter de partout [euh je veux dire Temperance bien sur]

  • préjugé n°5 : dans la romance, tout est rose bonbon. 
Bon, ici, tout n'est pas noir non plus, mais il y a quand même une bonne dose de vice et de perversité chez les héros. Par exemple, la rencontre de Silence et Mickey est un bonheur d'humiliation raffinée, où, en fait, la perversion vient de ce que tout le monde va s'imaginer et non pas de ce qu'il s'est réellement passé.


Conclusion : Voilà, je suis tombée sous le charme de la romance. A tel point que j'ai commandé la suite (qui devait arriver aujourd'hui, mais drame, ce n'est pas le cas). Je ne vais pas lire que ça [depuis DD (décidément, il m'aura fait de l'effet celui-là), je ne lis que des lectures faciles, donc là j'ai besoin de noirceur, de prise de tête sur des concepts que je n'arrive pas à comprendre, de polars, de drames (résultat : depuis j'ai lu Jane (coeur à prendre) Jones, no comment)], mais j'y reviendrai [surtout dès que mon colis sera arrivé].

Bonus 1 : Si vous ne le savez pas, j'adooooooore les livres où l'on trouve des prénoms à coucher dehors (cf Hunger Games). Et avec Elizabeth Hoyt, c'est du grand art ! Les enfants de la famille Makepeace s'appellent Concord (homme), Asa (H), Winter (H), Temperance (depuis Bones, c'est un classique) et Silence (F) [avec son nom d'épouse, ca donne Silence Hollingbrook que du bonheur!]. Il y a une autre soeur mais j'ai oublié son petit nom, car elle est juste citée. J'ai aussi beaucoup aimé Godric St John. Mais alors le coup de génie de l'auteure, c'est que tous les enfants de l'orphelinat portent des prénoms composés en Joseph ou Mary !!!! Par exemple, Joseph Tinbox. Et pour les filles, attention les yeux : Mary Little, Mary Sweet, Mary Hope, Mary Pentecôte, Mary Evening et Mary Church ! J'en redemande !


Bonus 2 : Le top des phrases que l'on trouverait complètement niaises si l'on n'était pas en train de lire une romance et qui là, vous collent des papillons dans le ventre et le sourire aux lèvres :
    1. "-Moi? Je suis mille fois pire que Sir Henry, répliqua-t-il, son visage tout près de celui de la jeune femme. Vous feriez mieux de vous enfuir tout de suite et de ne plus me revoir" [Ah le bon vieux coup du je suis mystérieux et un brin dangereux, vous êtes trop bien pour moi, je me sacrifie pour votre propre bien. Imparable]
      2. "J'aurais traversé les flammes pour te rejoindre, fit-il d'une voix enrouée" [Dans le contexte que je ne peux vous évoquer sans spoiler, c'est à tomber par terre]
      3. "(...) ce n'est pas parce que l'amour ne s'exprime pas qu'il n'existe pas" [Si vous saviez qui lui dit ça...]
      4. "Ses lèvres avaient le goût des larmes." [D'accord, c'est parce qu'elle est en train de pleurer, mais quand même, c'est bôôôô]
      5. "c'est un gredin flamboyant" [Je m'incline devant tant d'éloquence]

dimanche 20 mai 2012

Un Enchantement de Christian Durieux




Résumé de l'éditeur: Exceptionnellement fermé au public ce soir-là, le musée du Louvre accueille une réception mondaine, donnée en l'honneur d'un homme politique qui quitte ses fonctions.
Ressentant cela comme un enterrement, celui-ci quitte discrètement la soirée, et s'éloigne, une bouteille dans chaque main, dans les salles voisines. Dans l'aile Sully, au salon Carré, il trouve une jeune femme assise sur un banc, face à La Vierge en majesté de Duccio, les mains devant les yeux... Que fait-elle là ? Pourquoi se cache-t-elle le visage ?
Il s'ensuit alors une nuit fantasque, entre séduction et érudition, humour et émotion, réflexions politiques et poésie.


Mon avis : J'avais été totalement séduite en lisant le résumé et devant cette couverture [Ah ce chignon !]. Je m'étais imaginée quelle pouvait être cette histoire avant même d'ouvrir la BD et cela a été la cause de l'une de mes déceptions. Parce que naïvement, je m'imaginais que Christian Durieux allait représenter les tableaux les plus célèbres, sans doute les réinterpréter, mais en tout cas, les dessiner lui-même. Eh bien non, en fait, pour beaucoup de tableaux, il utilise des reproductions photographiques qu'il insère dans ses dessins. Donc ce point m'a un peu déçue. D'autant plus, que lorsqu'il représente certains tableaux [des Fragonard, il me semble, mais je n'ai plus la BD et je ne l'ai pas noté shame on me], c'est très réussi (voir aussi la Victoire de Samothrace ci-dessous). En même temps, comme il s'agit d'un partenariat avec le musée du Louvre, l'insertion de ces reproductions ne faisait peut-être partie d'un cahier des charges, vu que j'ai retrouvé la même chose dans la BD Le ciel au-dessus du Louvre.
Ensuite au niveau du scénario, ayant moi-même fantasmé des millions de fois sur ce que je ferais si j'étais enfermée à l'intérieur du Louvre, je n'ai pas particulièrement été surprise par l'histoire. Et surtout, j'ai senti ce qui allait se passer à la fin [le grand drame de ma vie, de toujours souvent deviner les fins]. 
Enfin, ce personnage d'homme politique m'a fait penser à François Mitterrand : son chapeau, ses liens avec le Louvre, son côté séducteur. A Balladur aussi, qui n'a pas voulu quitter le Louvre en tant que ministre de l'Economie et des Finances. J'aurais préféré que ce personnage ne m'évoque personne.


Mais tout de même, j'ai apprécié de nombreux aspects. Déjà, le dessin est très joli, tout en restant simple. En quelques traits, Christian Durieux arrive à croquer des personnages très expressifs. Le ton sépia donne une unité à l'ensemble, sans être lassant. Et, il met plutôt en valeur les reproductions des tableaux.
L'auteur nous rappelle aussi que le musée du Louvre a été le siège du ministère du ministère de l'Economie et des Finances jusqu'en 1989. [J'ai été bien contente de l'apprendre, parce que j'étais trop jeune à l'époque pour m'en souvenir]. Et, d'ailleurs, il reconstitue l'espace tel qu'il existait avant la construction de la cour Marly [ou est-ce la cour Puget ? les 2 ont été aménagées en même temps. Pareil, je n'ai pas noté, mais je revérifierai dès que je pourrai].
Au début de l'ouvrage, l'auteur réalise une mise en abyme très réussie où un personnage de la BD reproduit le même geste qu'un personnage du tableau se trouvant à l'arrière-plan.
Il y a aussi des passages très poétiques où l'auteur représente des scènes de tableaux connus grâce à l'ombre des personnages projetée sur un mur. Et puis, la fin donne tout son sens au titre.
Petit détail, on apprend aussi comment ouvrir une bouteille de vin sans tire-bouchon. Personnellement, je n'ai pas testé cette méthode, mais ça donne envie d'essayer !

En quelques mots : Si je n'avais pas eu autant d'idées préconçues sur cette BD, je pense que j'aurais été sous le charme. C'est une jolie découverte. Elle fait partie d'une collection (Futuropolis/Musée du Louvre) dont je vous reparlerai dans mon billet sur Le ciel au-dessus du Louvre. 







vendredi 18 mai 2012

L'étrange secret de Finley Jayne par Kady Cross

Résumé : Finley Jayne se fait renvoyer de son travail  pour avoir frappé une gouvernante. Mais, bizarrement, elle est ensuite engagée grâce à cet incident, par une dame qui lui dit qu'elle est exactement ce qu'elle recherche...

Info : C'est une nouvelle disponible seulement en e-book. Mais surtout, elle est GRATUITE, jusqu'à dimanche sur le site d'Harlequin (ici)

Mon avis : J'ai hésité à en faire un billet, mais je me suis dit qu'il n'y a pas que moi qui dois aimer les choses gratuites donc voici ce que j'en ai pensé...
Déjà, c'est une nouvelle Steampunk. et justement, je ne savais pas trop ce que c'était. Je commence ma lecture et je m'arrête rapidement car l'héroïne se promène en robe courte [au XIXe siècle???], la personne qui vient l'embaucher à un oeil mécanique [!?!?!?] et son beau-père est aidé dans son travail par des automates [?????????????]. Dans mon esprit, le Steampunk était associé à la série Le protectorat de l'ombrelle de Gail Carriger. Je pensais que c'étaient des histoires qui se passaient à l'ère victorienne mais avec des vampires. Que nenni ! C'est beaucoup plus compliqué que cela. Tellement compliqué qu'il est quasiment impossible de trouver une définition claire. J'ai donc fait 3 tonnes de recherches [=je suis allée sur la page wikipédia. En fait, avant je suis allée sur le challenge Steampunk, mais pour la définition, on nous renvoyait sur wiki] et voici ce qu'est sensé être le Steampunk : (pour toute la page c'est ici)
Le steampunk est au départ un genre littéraire. C'est à l'origine un sous-genre de la science-fiction uchronique, dont l'intitulé a été forgé par allusion au cyberpunk par l'auteur K. W. Jeter à titre de boutade. Pour cette raison, il est parfois plus approprié de parler de « rétrofuturisme » pour désigner le mouvement. L'expression steampunk, qui signifie littéralement punk à vapeur, parfois traduite par futur à vapeur, est un terme inventé pour qualifier un genre de la littérature de science-fiction né à la fin du xxe siècle, dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du xixe siècle. Le terme fait référence à l'utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l'époque victorienne. Mais le style steampunk quitta rapidement la seule sphère de la littérature pour s'étendre à d'autres domaines de création et d'expression et devenir unfandom autonome.

Au moins, j'ai compris pourquoi il y avait autant d'automates. Je replonge dans la nouvelle. Passons sur le style (je pense que ca doit être mal traduit), le fait que personne n'a dû relire sérieusement la nouvelle (beaucoup d'oublis de lettre par exemple juste "es" au lieu de "ces"). [On nous fait bien sentir que c'est gratuit]. Mais, sinon, il y a du potentiel. J'ai apprécié les mystères qui entourent les différentes personnes. On ne sait pas trop qui ils sont ni quelles sont leurs intentions. Et puis, il y a quelques révélations intéressantes. De même, l'héroïne a une force extraordinaire, mais on ne sait pas trop pourquoi [par contre, on ne le sait toujours pas à la fin, car c'est le début d'une série]. L'héroïne a du caractère, même si elle ressemble plus dans ses réactions et ses déclarations a une jeune fille du XXIe siècle qu'à une lady du XIXe. Par contre, les autres personnages se comportent plus comme des membres de la société victorienne [toutes proportions gardées puisque je vous rappelle qu'ils construisent des automates et se promènent avec des yeux mécaniques]. J'ai aimé cet univers "rétrofuturiste" où les phaetons sont tirés par des chevaux automates (parce que cela va plus vite qu'avec des chevaux de chair et de sang).
Petite déception toutefois à la fin, car l'héroïne met un peu de temps à additionner 2 + 2 pour découvrir la vérité sur un personnage.

En quelques mots : une nouvelle sans temps morts, pas d'une qualité exceptionnelle, mais avec du potentiel. A tel point, que je me dis que je lirai bien les livres quand ils vont sortir en décembre [Zut, leur promo a atteint son but avec moi^^]

mercredi 16 mai 2012

Le SWAP L'art dans tous ses états

Cela ne se passe pas chez moi mais chez Tête de Litote


Ce billet aurait aussi pu s'appeler "Vous croyez aux coïncidences ?"
Logiquement je vous aurais dit non, pas spécialement, mais là...

Tout à l'heure, je découvre sur l'excellente page facebook la prairie des SWAP qu'un SWAP qui porte le même nom que mon challenge est organisé.
Je clique sur le lien et je découvre qu'il a été lancé juste un jour avant le début de mon challenge !
Sans nous concerter, nous avons utilisé le même nom quasiment le même jour  [les grands esprits, ma bonne dame !].
Je dois bien avouer que sur le coup, j'ai eu un peu peur que l'on pense que j'avais copié ce titre, car j'avais moi-même du mal à croire à une telle coïncidence. [Et puis je suis assez parano il faut bien le dire]
J'ai donc envoyé un mail à Tête de Litote pour la prévenir. J'ai reçu une réponse adorable, me disant qu'il n'y avait pas de souci. De plus, elle s'est inscrite au challenge !
Quant au SWAP, c'est évidemment une super idée ! Je ne suis pas encore inscrite car il se déroule cet été et je serai en plein déménagement...Mais, je pense que je ne vais pas pouvoir résister :) [en même temps si je ne devais participer qu'à un seul swap...]
Vous pouvez vous inscrire seule ou en binôme.
Allez, je vous remets le lien !

Quant aux coïncidences, je crois que je vais revoir tout ce qu'écrit Marc Lévy d'un autre oeil maintenant !


lundi 14 mai 2012

Olimpia de Céline Minard

Résumé de l'éditeur :
"Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp, vampiria et femme à sceptre et Didi un chasse-mouches, il m'a assez conchiée pour que je puisse lever une armée de Pasquins tout en merde et remplir d'un bout à l'autre le pont Saint-Ange et couper ainsi cette ville de hâbleurs de la bulle vide du Saint-Siège désormais vide d'où l'on veut me chasser"

Olimpia Maidalchini (1592-1657) fut l'égérie du pape Innocent X, son beau-frère, à tel point qu'on disait au milieu du XVIIe siècle, que l'Eglise catholique était gouvernée par une papesse.
Ce livre, portrait en dyptique de la "grande prostituée" qui lança, dit-on, une terrible malédiction sur Rome, nous donne à entendre sa voix avant de retracer son histoire.

Petite info : C'est plus une nouvelle qu'un roman, la première partie fait une soixantaine de pages et la deuxième une trentaine.

Mon avis : Comme l'extrait et le résumé l'indiquent, ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Le vocabulaire est, le moins qu'on puisse dire, fleuri, pour ne pas dire putassier. [Je n'aime pas trop cette "mode" de recourir à la vulgarité intellectualisée, ce n'est pas parce qu'on écrit "vit" que c'est moins vulgaire. Personnellement, je préfère presque une bonne vieille blague de Jean-Marie Bigard. Enfin, j'ai dit presque]. Mais voilà, au-delà de ce vocable, la plume de Céline Minard est vraiment intense, violente, séduisante et originale. Elle nous plonge dans l'univers fascinant de la Rome du XVIIe siècle, qui n'est pas la période la plus connue de cette ville. Elle décrit les rivalités intestines qui secouent l'Urbs de toutes parts. D'ailleurs, Olimpia fantasme sur la chute de Rome de manière furieusement poétique. C'est une femme abandonnée de tous, car son amant le pape Innocent X vient de mourir, et furieuse, car dépossédée de sa puissance, qui s'exprime et qui déverse tout son fiel sur cette ville et sur le nouveau pape qu'elle exècre. Et c'est assez fascinant.

De plus, dans une courte, mais bien utile deuxième partie, Céline Minard nous livre une petite biographie d'Olimpia Maidalchini. C'est vraiment extrêmement appréciable, d'autant plus que la dame a eu une vie trépidante.

En quelques mots : Un coup de coeur stylistique mais l'abondance d' un vocabulaire fleuri vient nuire [selon moi] au charme de l'ensemble. Mais à découvrir quand même si l'occasion s'en présente parce que le tout est furieusement poétique.

On a un peu de mal à croire
qu'elle déchaînait les passions...
Pour la photo, on dit merci Wiki. 

Le top des raisons pour lesquelles ce livre doit vous tomber entre les mains : 
     1. Parce que vous aussi, quand vous lisez Olimpia vous pensez à Manet, même si cela ne s'écrit pas comme ça. Et vous avez tout faux. Mais au final, vous êtes bien content d'avoir découvert ce texte grâce à cette association d'idées. Ca marche aussi avec une certaine salle de spectacle parisienne. Et des bijoux. Et des broyeurs à papier [mais là, je pense que cela concerne moins de monde]
      2. Parce que vous trouvez cela vachement transgressif de fantasmer sur la destruction de Rome. Et super original. Car cela ne vous a  JAMAIS traversé l'esprit, parce que vous aimez trop cette ville pour imaginer une telle horreur.
      3. Parce que vous aimez les auteurs qui vous font à la fin une petite biographie toute sérieuse du personnage qu'ils viennent d'évoquer. Ce qui vous évite d'aller chercher sur internet, de pester parce que le premier lien c'est wikipédia, le deuxième c'est wikipédia en anglais et qu'ensuite vient un site sobrement intitulé "les maîtresses du Vatican". Et donc de retourner lire la page wikipédia.
      4. Pour apprendre qu'il s'en est déjà passé des belles Piazza Navona. Eh oui, on n'a pas seulement tenté de noyer un cardinal dans la fontaine des Quatre fleuves (cf Anges & démons). Fontaine commandée au Bernin par Innocent X d'ailleurs.
      5. Parce que vous avez juste 45 min à tuer. C'est pile poil le temps qu'il faut pour lire la première partie. Je le sais parce que je l'ai lu en prenant le train [et le train était à l'heure!]
      6. Pour diversifier votre vocabulaire, surtout dans la rubrique érotique, voire scatologique.
      7. Last but not least. Parce que vous aimez les plumes fracassantes et furieusement poétiques.

Ce billet participe au challenge Histoire de Falaise Lynnaenne


Et je trouve qu'il correspond bien à la catégorie libre du challenge amoureux de l'Irrégulière 

dimanche 13 mai 2012

Daniel Deronda de George Eliot

Mon résumé :
Inracontable ? Parce qu'il se passe beaucoup d'évènements que l'on ne peut révéler...Et en même temps, il n'y a pas beaucoup d'action, c'est plus un ouvrage decsriptif. C'est une fresque de quelques 1070 pages sur la vie de Gwendolen Harleth, jeune femme fougueuse dont l'ambition est de faire un mariage avantageux qui lui offre la liberté mais aussi sur la vie de Daniel Deronda, jeune homme à la recherche de ses origines.

Mon avis : [J'ai écrit quelque chose de plus court et de moins sérieux à la fin si vous voulez aller plus vite ou sinon allez voir le billet d'Alice (ma partenaire pour cette LC) qui a l'art de faire court et clair, ce que je lui envie grandement :-) ].
Déjà, il faut le savoir, le personnage principal du livre n'est pas vraiment Daniel Deronda. Nous croisons celui-ci dans le premier chapitre, pour ne le recroiser que beaucoup plus tard. Notre première rencontre avec lui est plutôt séduisante, il parle peu, mais s'exprime beaucoup par son attitude et par un geste chevaleresque. Mais, George Eliot nous entraîne dans un retour en arrière sur les pas de Gwendolen Harleth qui est, en réalité, le personnage principal du roman (à mon avis). Au début, j'ai trouvé ce personnage assez agaçant. Gwendolen ne fait pas attention aux autres et les blesse par manque d'intérêt. Et pourtant, elle reste quand même assez sympathique. Ensuite, elle va devenir de plus en plus attachante, notamment à partir de la partie intitulée Gwendolen obtient ce qu'elle veut. Comme le dit le dicton, fais attention à ce que tu désires...Je ne peux pas vous dire ce qu'il se passe, mais à partir de ce moment son comportement change et prend une gravité et une profondeur extrêmement intéressantes. Et elle écrit une lettre à la fin du livre qui est absolument magnifique (on parle souvent des lettres des mâles chez Jane Austen, mais celle-ci m'a profondément émue aussi).
Daniel Deronda connaît un peu l'évolution inverse. Il apparaît sympathique au départ, cela est confirmé par une autre action chevaleresque au milieu du roman. Daniel Deronda c'est un bon ami, un bon fils adoptif, quelqu'un de travailleur, qui s'intéresse à la culture et à la philosophie religieuse. Il faut toutefois le reconnaître, il a un petit côté ennuyeux. Il essaye toujours de faire ce qu'il faut à tel point que ça en devient lassant. Surtout qu'à la fin, justement, il va se révéler quelque part décevant à ne pas regarder une partie de la réalité en face et va à son tour heurter les sentiments d'autrui par son aveuglement. 
Dans ce livre, j'ai été enthousiasmée par tous les débats philosophico-religieux. L'auteur évoque la condition juive au XIXe siècle en Angleterre et il est très intéressant de lire ces portraits d'hommes et de femmes qui s'opposent entre ceux qui fuient leur judaïté par peur d'être mis à l'écart de la société et ceux qui la portent comme un étendard. D'ailleurs, il est question, rien de moins, que de la création d'un Etat où les juifs pourraient se retrouver ! Les débats sont absolument passionnants, même si je reconnais qu'ils ont atteint des cimes un peu trop élevées pour moi (surtout après 795 pages). Le livre est  rempli de références à des ouvrages, des oeuvres d'art, des évènements précis et encore heureux qu'il y a des notes explicatives à la fin, car sinon beaucoup m'auraient échappés. [C'est d'ailleurs un peu dommage, car on aurait envie de se pencher davantage sur ces questions, mais je dois bien avouer que j'avais surtout envie de finir le livre et ensuite de reposer mon cerveau]. 
Quelques regrets toutefois. Certains personnages secondaires intéressants sont laissés de côté. Je suis tombée sous le charme du musicien Klesmer, mais il n'apparaît quasiment plus dans le deuxième tome. De même pour un personnage assez égoïste qui n'apparaît que dans le tome 2. 
Certaines descriptions sont un peu longues [belles, mais longues]. 
Et puis, surtout les évènements se déroulent sur un temps assez réduit (une année je pense, quelques années au maximum) et au final, quand on laisse les personnages, ils sont encore dans la fleur de l'âge et on est un peu [très] frustré de ne pas savoir ce qui va leur arriver ensuite [alors qu'on vient quand même de lire plus de 1000 pages].

En quelques mots : J'ai apprécié, mais j'aurais supporté quelques coupes dans les descriptions. Et je trouve que la fin nous laisse un peu sur notre faim.

Comment être bien certaine (certain? s'il y a un homme qu'il se manifeste!) d'être prête à affronter lire Daniel Deronda (DD pour les intimes).
   1. N'avoir rien d'autre à faire. Je l'ai lu en 10 jours et j'étais en vacances (et des vacances glandouille, sans voyage, sans trop de projets et même sans internet !!! sauf sur mon tel donc sans consulter mon blog ni celui des autres 150 fois par jour). J'ai même dû abandonner ma mauvaise habitude de lire plusieurs (3-4?) livres en même temps. Si j'avais travaillé, il m'aurait fallu au moins 3 mois.
   2. Avoir fait vérifier sa vue depuis moins d'un an. Et avoir une loupe sous la main. [Et penser à reprendre rendez-vous chez l'ophtalmo parce qu'on a perdu un dixième de vision à force de s'échigner sur les lettres microscopiques, la preuve en photo ci-dessous]
   3. Etre bien équipée. Avoir la loupe sus-mentionnée. Posséder 2 marque-page.  Un pour la page où on en est et un pour la page des notes, pour faire au moins semblant de tenter de comprendre quelque chose aux multiples références qui sont faites-par ailleurs éminemment intéressantes [et là je suis sérieuse]. Mais à force de tourner les pages toutes les 30 secondes, on risque une tendite au poignet arrivé à la dix-septième note du chapitre XL [la classe de noter ses chapitres en chiffres romains quand même!] d'où nécessité d'un poignet de force aussi.
   4. Aimer les livres qui portent mal leur nom. Où comment après avoir croisé DD, le héros, pendant 3 pages dans le chapitre 1, on le retrouve seulement au chapitre 15 [pardon XV] et pas pour très longtemps. Par contre, il reviendra beaucoup dans le tome 2.
   5. Aimer se couper les cheveux en 4 et même en 16, surtout sur des sujets philosophico-religieux. Alors là rien à dire vous avez trouvé votre future drogue.
   6. Aimer ne pas savoir où l'auteur veut en venir. Penser qu'il va se passer quelque chose et découvrir que vous étiez complètement à côté de la plaque. Et pousser un gros "Nan, c'est pas possible" au chapitre LV.
   7. Last but not least avoir une gentille copinaute [Alice pour ne pas la nommer] avec qui faire une LC. Pour nous soutenir quand on sent sa volonté fléchir, pour qu'elle lise plus vite que nous et se dire qu'il faut qu'on la rattrape et pour échanger des mails bien sympas. Et pour finir en se disant qu'on lirait bien Middlemarch. Pas tout de suite quand même, mais un jour.

Vous voilà prévenues, si vous vous sentez d'attaque, vous pouvez allez gratter DD [elle est très mauvaise, mais il fallait que je la fasse]
Félicitations si vous avez eu le courage de lire tout le billet  :-)
Oh les petits joueurs !
Ils changent de page quand ils changent de chapitre !
 Chez DD, on ne fait pas çà...





Ce billet participe au challenge victorien d'Aymeline 

mercredi 9 mai 2012

Les Bandes Dessinées pour le challenge L'art dans tous ses états

Liste non exhaustive (surtout que je ne suis pas du tout une spécialiste du sujet, donc si vous avez des propositions n'hésitez pas!). Mais, j'ai découvert beaucoup de titres alléchants.
Classement alphabétique par illustrateurs.

ADAM (ill), MIDAM (scén) : Harding was here (2008) [Le professeur Harding voyage dans le temps pour récupérer des oeuvres d'art]

BERBERIAN Charles (ill et scén), DUPUY Philippe (ill et scén) : Petit peintre (2003) 

BONIN Cyril (ill et scén) : Chambre obscure (2010) [Un vol de 3 tableaux au sein d'une famille riche]

BRADA (ill), GIROUX Frank (scén) : L'expert, Tome 1 : Le Triomphe de Saint-Waldemar (2003) [une toile mystèrieuse datant de 1477, mais dont l'évènement représenté date d'un an plus tard...]
BRADA (ill), GIROUX Frank (scén) : L'expert, Tome 2 : L'étole du Chaman (2005)
BRADA (ill), GIROUX Frank (scén) : L'expert, Tome 3 : L'ombre du connétable (2006)
BRADA (ill), GIROUX Frank (scén) : L'expert, Tome 4 : Justice ! (2007)

CATEL (ill), BOUILHAC Claire (scén), POLACK Emmanuelle : Rose Valland, Capitaine Beaux-arts (2009) [sur Rose Valland, figure historique de la récupération des oeuvres spoliées par les allemands]

CERISIER Emmanuel (ill), POLACK Emmanuelle : Rose Valland, espionne au musée du Jeu de Paume (2009) [Rose Valland suit en cachette la trace des tableaux volés]


CHAILLET Gilles (ill), CONVARD Didier (scén) : Vinci, Tome 1 : l'Ange Brisé (2008)
CHAILLET Gilles (ill), CONVARD Didier (scén) :Vinci, Tome 2 : Ombre et lumière 


COISSARD Sylvain (ill et scén), LEMOINE Alexis (ill et scén?) : Les (vraies !) histoires de l'art (2011) [fantaisie autour de ce qu'il se serait vraiment passé avant les scènes des tableaux, par exemple à quoi jouaient les personnages du déjeuner sur l'herbe de Manet?]

CORNETTE Jean-Luc (ill et scén) : Visite guidée (2001) [Van Gogh, Gauguin et Munch]

COROMINAS Enrique (ill et scén) : Dorian Gray (2011)

DEPREZ Denis (ill et scén), DEPREZ Olivier (scén) : Rembrandt (2008) 

DURIEUX Christian : Un enchantement (2011) [Après une réception mondaine, un homme erre dans le musée du Louvre]

EDITH (ill), CORCAL (scén) : Eugène de Tourcoing-Stratrec, Tome 1 : Montmartre no future (2001) [peintre visionnaire]
EDITH (ill), CORCAL (scén) : Eugène de Tourcoing-Stratrec, Tome 2: Les enfants du siècle (2003)

FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén) : Elsa (1996) [après la mort de sa mère, une jeune femme s'exprime par ses dessins]
FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén) : Elsa, Tome 2 : Papillons secrets (1997) 
FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén) : Elsa, Tome 3 : Le danseur (1999) 

FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén), RICHAUD Frédéric : Le maître de peinture, tome 1: Elisa (2003) [une histoire dans la Pologne de l'entre-deux-guerres]
FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén), RICHAUD Frédéric : Le maître de peinture, tome 2 (2004) 
FAURE Michel (ill), MAKYO Pierre (scén), RICHAUD Frédéric : Le maître de peinture, tome 3: Premier concert (2005) 

FEDERICO Riccardo, RIVIERE François : La madone de Bellini, tome 1 : Lamb House (2008) [Une enquête menée par Henry James sur un mystérieux peintre de la Renaissance]
FEDERICO Riccardo, RIVIERE François : La madone de Bellini, tome 1 : L'orphelinat de Rosewood (2010). L'avis de Miss Léo 

GOFFIN Alain : Plagiat ! (1989) [un peintre découvre qu'il a été plagié]

GOTLIB Marcel : Rubrique-à-brac : Gallery (1997) 

GROS Stanislas : Le portrait de Dorian Gray (2008) 

HOMS José (ill), GIROUD Franck (scén) : Secrets, l'Angélus (2010) [Clovis se passionne pour l'Angélus de Millet]
HOMS José (ill), GIROUD Franck (scén) : Secrets, l'Angélus (2011)

ISHINOMORI Shotaro : Hokusaï (2010) [sur le maître de l'estampe japonaise]

KAWA Agata (ill), LACOMBE Benjamin (scén) : Le carnet rouge [sur l'enfance de William Morris fondateur de l'Arts & Crafts, très lié aux  pré-raphaélites]

KRISTIENSEN Teddy (ill et scén) : Le carnet rouge (2007) [Un peintre à Paris avant et pendant la première guerre mondiale]

LARCENET Manu (ill et scén) : Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh : La ligne de front (2004) 

LEPAGE (ill et scén) : Muchacho, Tome 1 (2004) [En 1976, au Nicaragua un jeune séminariste et peintre doué découvre la répression militaire et l'emprise écrasante de sa sensualité]
LEPAGE (ill et scén) : Muchacho, Tome 2 (2006) [visiblement on n'y parle plus de peinture, mais si on a li le premier...]

LEVALLOIS Stéphane (ill et scén) : Le dernier modèle (2007) [Un peintre accepte de faire une exposition consacrée au Nu]

LI-AN (ill et scén) : Gauguin (2010)

MAEL (ill), BAUZA Antoine (scén) : L'encre du passé (2009) [Dans le Japon d'Edo, un calligraphe rencontre une jeune peintre]

MARTIN Olivier (ill), ADAM Eric (scén) : Les carrés, une enquête de Kazimir, Tome 1 : Carré noir (2008) [un détective privé part à la recherche de tableaux disparus : les carrés du peintre russe Boskovich]
MARTIN Olivier (ill), ADAM Eric (scén) : Les carrés, une enquête de Kazimir, Tome 1 : Carré rouge
MARTIN Olivier (ill), ADAM Eric (scén) : Les carrés, une enquête de Kazimir, Tome 1 : Carré blanc

MEURISSE Catherine (ill et scén) : Le pont des arts (2012) [Présentation humoristique des chefs-d’œuvre de la peinture par des écrivains célèbres]

MOYNOT Emmanuel (ill et scén) : Anatomie du désordre (2003) [Paris, 1904, Eugène Pigot, jeune peintre sans le sou, sombre peu à peu dans la folie]

NOE Igniacio (ill et scén) : Exposition (2009) [Un illustrateur réécrit sa vie à travers ses toiles]


OUBRERIE Clément (ill), BIRMANT Julie (scén) : Pablo, Tome 1 : Max Jacob (2012) [La vie du jeune Picasso à Montmartre en 1900]

RAVARD François (ill), DAUVILIER Loïc (scén) : Le portrait, Tome 1 (2006)  [d'après la nouvelle de Gogol]
RAVARD François (ill), DAUVILIER Loïc (scén) : Le portrait, Tome 2 (2007) 

ROCA Paco (ill et scén) : Le jeu lugubre (2002) [un hommage à Dali]

ROSINSKI Grzegorz (ill), SENTE Yves (scén) : La vengeance du comte Skarbek, tome 1 : Les deux mains d'or (2004)[1843, le procès d'un marchand d'art accusé d'escroquerie]
ROSINSKI Grzegorz (ill), SENTE Yves (scén) : La vengeance du comte Skarbek, tome 2 : Un coeur de bronze (2005)

SFAR Joann (ill et scén) : Pascin (2000) 

SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Vincent et Van Gogh (2003) [et si Van Gogh n'avait jamais été un artiste de talent?]
SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Vincent et Van Gogh, Tome 2 ; Trois lunes (2010) 

SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Le Cabaret des muses (ex Bordel des muses), Tome 1 : Au Moulin- Rouge (2007) [la vie de Toulouse-Lautrec, restituée librement]
SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Le Cabaret des muses (ex Bordel des muses), Tome 2 : Mimi & Henri  (2008)
SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Le Cabaret des muses (ex Bordel des muses), Tome 3 : Allez, Darling  
SMUDJA Gradimir (ill et scén) : Le Cabaret des muses (ex Bordel des muses), Tome 4 : Darling, pour toujours


YSLAIRE Bernar (ill & scén), CARRIERE Jean-Claude (scén) : Le ciel au-dessus du Louvre (2009) [1793, sur les pas de David et Robespierre]

ZANZIM (ill), HUBERT Andy (couleurs & scén) : La sirène des pompiers (2006) [A la fin du XIXe siècle, un peintre pompier rencontre une sirène qui devient son modèle]


 Les Mangas 

KAMIMURA Kazuo (ill & scén) : Folles passions, Tome 1 [Dans le Japon d'Edo, un jeune dessinateur arrive chez Hokusaï, le génie de l'estampe]
KAMIMURA Kazuo (ill & scén) : Folles passions, Tome 2
KAMIMURA Kazuo (ill & scén) : Folles passions, Tome 3

YAMASAKI Mari (ill & scén) : Thermae Romae, Tome 1 [un jeune architecte de l'Empire romain se retrouve propulsé dans les bains japonais modernes]
YAMASAKI Mari (ill & scén) : Thermae Romae, Tome 2
YAMASAKI Mari (ill & scén) : Thermae Romae, Tome 3 [sortie le 27 juin]


YU Lu : La pluie du paradis (2008) [En Chine, 3 récits qui mêlent passion et amour pour la peinture]

mardi 8 mai 2012

Un deuil dangereux d'Anne Perry

Résumé de l'éditeur : La famille Moidore n'avait encore jamais connu de scandale, bien à l'abri dans sa demeure de Queen Anne Street. Mais la famille va être frappée par un drame atroce : la fille de Sir Basil Moidore est assassinée. L'inspecteur William Monk est sommé de retrouver le coupable au plus vite et d'épargner autant que possible la famille. Peu aidé, tant par l'hostilité de ses supérieurs que par les séquelles de son amnésie, Monk devra lire derrière les silences et les ombres pour parvenir à résoudre cette nouvelle enquête. Heureusement, sa complice Hester Latterly viendra lui prêter main-forte.

Rappel : Mon avis sur la première aventure de Monk : Un étranger dans le miroir.


Mon avis : Nous sommes en novembre 1856, 4 mois après l'accident de Monk. Celui-ci est appelé sur une nouvelle affaire de meurtre. La fille de Sir Basil Moidore a été assassinée dans sa propre maison, ce qui met toute l'aristocratie londonienne en émoi. En même temps, se déroule le procès de l'affaire Grey, où Monk, Hester et Callandra vont témoigner. Anne Perry nous fait donc connaître le verdict final correspondant à la première affaire de Monk [et personnellement, j'adore quand on va complètement au bout d'une histoire].
Cette deuxième enquête nous permet de nous immerger totalement dans la vie d'une maison aristocratique à l'époque victorienne, des chambres des domestiques jusqu'au salon où la famille reçoit. Comme à son habitude, l'auteur nous dépeint avec une extrême précision cette société où la préservation des apparences est le devoir de toute une famille. Elle nous livre de magnifiques (quoiqu'effrayants) portraits de femmes qui sont toutes soumises à un degré plus ou moins important aux hommes de leur famille, avec une mention spéciale pour le personnage de Romola qui accepte totalement cette soumission et qui donne même des leçons de morale à Hester (!!) sur le sujet (vous imaginez comment çà peut la faire bouillonner!). Le personnage d'Hester, lui, permet d'évoquer le rôle des infirmières qui, à l'époque, ne sont pas du tout là pour soigner les malades, mais plutôt pour servir de femmes de ménage dans les hôpitaux.
Dans ce livre, il est aussi beaucoup question de justice avec l'entrée en scène d'un personnage qui va devenir récurrent, le si charmant avocat Oliver Rathbone. Les deux procès, qui vont se dérouler au cours de ce récit, vont être le moyen pour Anne Perry de mettre en avant les limites du système judiciaire victorien et ses injustices ("Selon que vous serez puissant ou misérable"...) [Non, je ne cite pas du Michel Sardou].
Quant à Monk, même si dans ce tome, on apprend peu d'éléments sur son passé, il lui arrive quand même quelque chose de très important aux deux tiers du volume qui montre bien sa droiture. Et ses perpétuelles disputes avec Hester restent toujours aussi savoureuses.
Au niveau de l'intrigue policière, Anne Perry ne s'égare pas sur la voie de la facilité. On doute jusqu'aux dernières pages de l'identité du vrai coupable. Même si le coupable idéal a été arrêté, Monk et Hester pensent qu'il n'est pas l'auteur de ce crime. Mais comment prouver qu'un homme est innocent quand tout l'accuse (d'autant plus que c'est un homme détestable) et qu'il n'y a pas d'autres coupables? Ne seraient-ils pas eux-mêmes en train de se tromper? Je vous laisse découvrir la réponse à cette question dans une fin très noire où personne ne sera épargné.

En quelques mots : Une enquête policière et une description de la société victorienne toujours aussi précises.  Personnellement, j'aurais aimé que l'on évoque plus l'amnésie de Monk (mais je sais que cela va venir...).

Lu dans le cadre du lecture commune autour du challenge Anne Perry : le billet d'Adalana





Ce billet marque ma 2e participation au challenge Anne Perry de Syl 


et ma 3e participation au challenge victorien d'Aymeline.